“Il faut que le monde comprenne qu’appuyer le succès du développement africain est crucial pour l’équilibre des relations internationales et est vital pour le succès du multilatéralisme”.
D’après le SG de l’ONU, l’Afrique peine à se développer à cause des manœuvres politiques et économiques de l’occident. António Guterres n’a pas cité nommément des pays, mais il a fait des précisions qui renvoient aux manœuvres des pays occidentaux ayant des intérêts en Afrique. “Nous n’oublions pas, ni l’histoire, ni les injustices dans le système international qui représentent des obstacles sérieux au plan africain de redressement du continent”, a-t-il rappelé dans son discours.
À Addis-Abeba ce 13 mai, António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a dénoncé « les injustices historiques et présentes » qui continuent d’entraver le développement de l’Afrique. Il a dénoncé l’esclavage, et l’absence permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU. “Les pays africains sont arrivés à l’indépendance avec des infrastructures qui servaient à l’exploitation des ressources, et non à l’intégration de l’économie africaine, et avec des niveaux d’éducation, de santé, de développement institutionnel extrêmement limités”.
Le mal dominant qui change de couleur au fil des ans
Lors de son discours à l’ouverture du 10ème Dialogue Annuel ONU–Union africaine en Éthiopie, le SG de l’Organisation des Nations Unis, a dénoncé de manière tranchée, les opérations de contrôles de l’Afrique par les puissances occidentales, tant dans le passé que dans le présent. “Les économies coloniales n’étaient pas des économies pour le développement de l’Afrique, elles étaient des économies pour l’exploitation des ressources africaines, au profit des pays colonisateurs et au bénéfice de l’économie du Grand Nord”, a-t-il déclaré. Un schéma qui risque de se reproduire avec les minerais stratégiques de la transition verte et numérique.
Dans son élan de dénonciation, le SG de l’ONU a rappelé que le monde ne doit pas oublier, que « les pays africains ont accédé à l’indépendance dans des conditions de précarité extrêmement difficiles ». “Nous n’oublions pas l’héritage du colonialisme, l’héritage de l’esclavage et du trafic transatlantique, et nous apprécions énormément l’initiative de l’Union africaine”.
L’Afrique, “petit poisson”, piétinée et ignorée dans la gouvernance mondiale
“Le système et l’architecture financière et économique internationale est fait d’une façon qui punit l’Afrique, et qui rend difficile une stratégie de développement africain”.
António Guterres
António Guterres, SG de l’ONU, lors du 10ème Dialogue Annuel (2026) ONU-Union Africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie.
Sur la gouvernance mondiale, António Guterres a qualifié de « scandaleuse » l’absence de membres permanents africains au Conseil de sécurité, symbole d’un système façonné sans réelle participation africaine. D’après le SG de l’ONU, le succès de l’Afrique est désormais essentiel pour le succès mondial.
D’après le SG, il y a des injustices profondes : les questions de la dette, les questions des agences de notation, la façon dont les droits de tirage spéciaux sont distribués, tout ça révèle qu’il y a un système, un écosystème, où tout se combine pour que les pays les plus développés soient les grands bénéficiaires, et pour compliquer l’émergence d’une Afrique avec le même niveau de développement que les pays du Nord”.
Ce qu’il faut faire selon le SG
Et il faut reconnaître cette réalité, et en même temps qu’on doit appuyer toutes les initiatives africaines pour résoudre les problèmes africains. Il faut aussi dénoncer les obstacles et les difficultés qui sont créés par un système international injuste, qui a été défini sans une véritable participation africaine, et il faut réclamer la réforme de ces institutions, soit-il le Conseil de Sécurité, soit-il les institutions de Bretton Woods, et les autres domaines de l’écosystème économique et financier qui conspirent pour rendre difficile le développement africain.
D’après le dirigeant de l’Organisation des Nations Unis, l’Afrique a une jeunesse qui est la plus importante de l’évolution démographique dans le monde. “Si les conditions ne sont pas créées par l’extérieur pour permettre que les plans africains puissent profiter de ce potentiel énorme, si les injustices existantes rendent difficile l’intégration des jeunes dans la vie économique et politique du continent africain, alors les conséquences seront à mon avis très négatives pour le reste du monde. Il faut que le monde comprenne qu’appuyer le succès du développement africain est crucial pour l’équilibre des relations internationales et est vital pour le succès du multilatéralisme”.
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