Réélu le 23 octobre 2026 à Douala avec 464 voix sur 500, le Dr Rodolphe Fonkoua entame un nouveau mandat à la présidence du Conseil de l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC). La lutte contre l’exercice illégal de la médecine, la protection des patients et la régulation des pratiques médico-esthétiques figurent parmi les enjeux majeurs auxquels l’institution est confrontée.
L’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC) a renouvelé ses instances dirigeantes à l’issue de son Assemblée générale élective tenue le 23 octobre 2026 à l’hôtel La Falaise, dans le quartier Bonanjo à Douala. À l’issue du scrutin, le Dr Rodolphe Fonkoua a été reconduit à la présidence du Conseil de l’Ordre, selon les résultats rapportés par La Voix de l’Afrique le 26 octobre. Il aurait obtenu 464 voix sur 500, soit 92,8 % des suffrages comptabilisés dans ce décompte.
Cette élection intervient dans un contexte où la régulation de la profession médicale occupe une place importante dans le débat sur la qualité des soins au Cameroun. Au-delà du renouvellement des responsables, le nouveau mandat ouvre une séquence d’attentes pour une institution chargée notamment de veiller au respect des règles déontologiques et à l’encadrement de l’exercice de la médecine.
L’exercice illégal de la médecine au cœur des préoccupations
La protection des patients contre les pratiques médicales non autorisées constitue l’un des dossiers les plus sensibles auxquels l’Ordre est confronté. En juillet 2026, l’ONMC a annoncé avoir saisi la justice au sujet de faits présumés d’exercice illégal de la médecine et de pratiques esthétiques invasives. Les procédures évoquées concernaient notamment des injections de produits de comblement corporel, communément désignées sous le terme de « body filler ».
Dans cette affaire, l’Ordre a indiqué avoir transmis les dossiers aux autorités compétentes, auxquelles revient la responsabilité de mener les enquêtes et d’établir les faits conformément à la loi. Cette démarche illustre les enjeux sanitaires associés à des actes invasifs proposés en dehors du cadre médical réglementé, notamment lorsque les qualifications des intervenants, la nature des produits utilisés ou les conditions de prise en charge ne sont pas établies.
Pour l’ONMC, l’enjeu consiste à contribuer à la protection du public tout en veillant au respect des procédures légales. La sensibilisation des populations, le signalement des pratiques suspectes et la coopération avec les autorités compétentes demeurent des leviers importants pour limiter les risques liés aux interventions réalisées par des personnes non habilitées.
Un mandat attendu sur la gouvernance et la confiance
Au-delà de la lutte contre les pratiques illégales, la nouvelle équipe devra poursuivre les efforts de modernisation de l’institution et renforcer les mécanismes de régulation professionnelle. En septembre 2024, l’Ordre avait annoncé la digitalisation de plusieurs procédures, notamment celles relatives à l’inscription au tableau, aux demandes d’exercice en clientèle privée et à la gestion des cotisations. L’objectif affiché était de faciliter les démarches des médecins exerçant au Cameroun comme à l’étranger.
La question des relations entre l’Ordre et les professionnels de la diaspora constitue également un enjeu de coopération. La mobilisation des compétences médicales établies à l’étranger pourrait contribuer à la formation, au transfert de connaissances et au renforcement de certaines spécialités, sous réserve du respect des règles encadrant l’exercice de la médecine au Cameroun.
Le renouvellement des instances ne constitue donc qu’une première étape. La capacité de l’ONMC à consolider ses outils de contrôle, à faire respecter les exigences déontologiques et à dialoguer avec les différentes composantes de la profession sera déterminante pour la suite du mandat.
À l’heure où la sécurité des soins et l’accès à des services médicaux de qualité restent des préoccupations majeures, les attentes dépassent les seuls intérêts corporatistes. Elles portent aussi sur la confiance des patients, la responsabilité des praticiens et la crédibilité des mécanismes chargés d’encadrer la médecine au Cameroun.
















