Une cérémonie religieuse organisée le 18 octobre 2026 à Brazzaville a viré à la tragédie après une tentative de sauvetage dans les eaux de la rivière Djoué. Le procureur de la République a ouvert des investigations sur les circonstances du drame et les mesures de sécurité prévues, à la suite de la disparition de trois victimes.
Une cérémonie de baptême s’est transformée en scène de détresse à Brazzaville, au Congo. Le dimanche 18 octobre 2026, plusieurs participants à un baptême collectif organisé dans la rivière Djoué, au niveau de Kinsoundi-Barrage, dans l’arrondissement de Makélékélé, se sont retrouvés en difficulté dans l’eau. Au 20 octobre, trois personnes étaient toujours portées disparues, selon les informations rapportées par la presse locale. Un homme avait pu être secouru.
Les faits se sont produits lors d’une cérémonie organisée par l’église Arbre de Vie Tabernacle, dirigée par le pasteur Constant Maniondo. Cinq personnes devaient recevoir le baptême ce jour-là. D’après les premiers éléments rapportés lors de la reconstitution des faits, une fidèle, identifiée comme Sephora Bidounga, aurait été prise d’une transe après son baptême. Ramenée sur la berge, elle serait ensuite retournée dans la rivière. Trois hommes auraient alors tenté de lui porter secours, mais les quatre personnes se sont retrouvées en difficulté dans l’eau.
Un diacre a finalement pu être secouru. En revanche, Sephora Bidounga et deux autres hommes restaient introuvables au moment des dernières informations disponibles, le 20 octobre. Les recherches engagées à l’aide de pirogues et de filets n’avaient pas encore permis de les retrouver. Leur décès n’était donc pas officiellement confirmé à cette date.
Le procureur s’interroge sur les mesures de sécuritéDeux jours après le drame, le procureur de la République, André Oko Ngakala, s’est rendu sur les lieux pour une reconstitution des circonstances de l’incident. Cette démarche devait notamment permettre de comprendre le déroulement de la cérémonie, les réactions des encadreurs religieux et les moyens mobilisés pour porter secours aux personnes en difficulté.
Selon les informations publiées par Panoramik-Actu, plusieurs questions ont été soulevées, notamment sur l’absence de plongeurs et sur les capacités des responsables présents à intervenir en cas de noyade. Le prédicateur et baptisant Adela Kabuela aurait reconnu qu’aucun plongeur n’avait été prévu pour la cérémonie et qu’il ne savait pas nager. Le procureur a également relevé les risques liés à l’organisation d’une telle cérémonie sans dispositif de secours adapté. D’après le même média, ni le chef de quartier ni les services de police locaux n’auraient été informés de la tenue du baptême.
À la suite des faits, le pasteur Constant Maniondo et plusieurs responsables de l’église auraient été incarcérés dans le cadre de l’enquête. Les responsabilités pénales éventuelles restent à établir par la justice. La sécurité des baptêmes en milieu naturel en questionCe drame relance les interrogations sur les conditions d’organisation des baptêmes dans les rivières, où la profondeur de l’eau, les courants et l’absence de matériel de sauvetage peuvent aggraver les conséquences d’un incident.
Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les trois personnes disparues, l’enquête devra établir précisément les circonstances de l’accident et déterminer si des manquements aux règles de sécurité ont contribué au drame. En attendant les conclusions des investigations, les familles des personnes disparues restent dans l’incertitude, tandis que cette tragédie rappelle l’importance de prévoir un encadrement compétent et des moyens de secours adaptés lors des cérémonies religieuses organisées en milieu aquatique.















