Lancé en avril 2024, le projet PAGOC a organisé à Douala une énième formation des acteurs de la chaîne pénale du Cameroun, réunissant cette fois ci, des représentants du Minat, de l’administration pénitentiaire, du ministère de la justice, des officiers de police, des juristes, entre autres. L’un des objectifs majeurs de ces formations est de réduire, à l’avenir, les détentions abusives. M. Joseph Désiré Zebaze, défenseur des Droits de l’homme soulève quelques fragilités institutionnelles, au détriment des détenues qui ont cours au Cameroun.
D’après le ministère camerounais de la justice, L’amélioration des conditions de vie de la population carcérale est une quête permanente au Cameroun. Une équation dont un document de 163 pages, publié par le Dr Marie Théodule BENG, Sous-Directeur de la Santé Pénitentiaire à la DAP au Ministère de la Justice, place la coopération internationale comme un outil alternatif pour le renforcement de la politique pénitentiaire au Cameroun.
Une solution insuffisante, qui pousse des ONG des droits de l’homme à s’appliquer en synergies, pour résoudre le problème moyennement soulevé par le Ministère de la Justice. Selon le Projet PAGOC, porté par Avocat sans Frontières, Le RECODH, et l’Union européenne, le Cameroun compte 76 établissements pénitentiaires et dispose d’un cadre législatif protecteur des droits humains, ancré dans la constitution de 1996 et soutenu par la ratification de diverses conventions internationales. Malgré la construction de nouvelles prisons, la rénovation des infrastructures existantes et les initiatives pour accélérer les procédures judiciaires, de nombreux défis restent encore à relever.

À Douala ce 24 et 25 Avril 2025, une formation a été organisée, à l’aune du projet PAGOC, réunissant une vingtaine d’acteurs de la chaîne pénale. “Il ressort de tout ce que nous avons appris ici aujourd’hui, que les personnes impliquées dans la chaîne pénale au Cameroun, doivent avoir les acquis qui leur permette de mieux protéger leur droits”, a déclaré Me Clémence Mafetgo, avocate au barreau du Cameroun, et participante.
D’après la représentante pays de Avocat Sans Frontières France, en la personne de Me. Dacga Djatche Sandrine Bergeline, ce projet dure déjà 1 an. “Nous avons commencé par dresser une cartographie des acteurs non étatiques qui accompagnent les personnes privées de liberté dans les lieux de détention, nous avons également mené une activité de formation à l’endroit des avocats qui était la toutes premières formations, et cette autre session de formation est à l’endroit des acteurs de la chaîne pénale, sur le respect des droits des personnes privée de liberté. Il s’agit en réalité d’une succession de formations qui se déroulent dans plusieurs régions du Cameroun. À Douala du 24 au 25, c’était le tout de la région du Littoral, qui a succédé à celle du Centre, et après ce sera l’Ouest Cameroun avant la région du Nord”, a déclaré la formatrice, experte chez ASF France, qui était face à la presse.
En effet, les prisons camerounaises souffrent d’une surpopulation chronique (178%), avec des taux d’occupation approchant les 500%. Une situation due à la détention provisoire prolongée, représentant 58% des détenus, incarcérés parfois pendant plusieurs années en attendant leur procès. Les détenus les plus vulnérables en sont les principales victimes et ont un accès limité à une assistance judiciaire adéquate.
Face à cette situation, le Projet d’Appui à la Gouvernance Carcérale (PAGOC), souhaite venir en aide aux détenus les plus vulnérables, notamment les jeunes et les femmes, en leur assurant une représentation juridique adéquate et gratuite et en accompagnant leur réinsertion dans la société. Par ailleurs, le projet développe des synergies pluri-acteurs pour améliorer les conditions de détention et favoriser la mise en place effective de peines alternatives à l’incarcération au Cameroun.
Des fragilités institutionnelles énoncées par Joseph Désiré Zebaze, représentant du Réseau Camerounais des Organisations des Droits de l’Homme (RECODH)
On a un état de droit, on a un code de procédure pénal, qui est vraiment aux normes, mais on a encore la loi de 1990 sur le maintien de l’ordre qui prévoit la détention administrative. Vous allez difficilement trouver la jonction entre le Préfet et le procureur. Le Préfet peut vous garder pendant 15 jours renouvelable, au niveau de la loi antiterroriste, cette même disposition permet que le juges vous garde pendant 15 jours renouvelables, pourtant au niveau du code de procédure pénale, la garde à vue c’est 48h par le procureur. Il y a également des lenteurs. Parfois, vous êtes libérés, mais entre le jour où il y a le prononcé de l’audience et la levée d’écrou elle-même, il peut se passer un temps fou, parce qu’il y a des problèmes de communication, entre l’administration pénitentiaire et le parquet. Il y a également la lenteur au niveau de l’exécution de certaines volonté politiques. Vous avez une prison à Douala, pk 17, construite pour désengorger New Bell. À ce jour, elle est presque inoccupée, c’est-à-dire ln a moins de 500 prisonniers là- bas. Impact Attendu au terme du Projet d’Appui à la Gouvernance Carcérale, Basée sur les Droits de l’Homme.
Au terme de sa mise en œuvre, le PAGOC doit avoir contribué à améliorer les conditions de détention au Cameroun, à réduire le taux de récidive par une réinsertion efficace des anciens détenus et à promouvoir un système judiciaire plus équitable, respectueux des droits humains. Par ailleurs, les initiatives du projet doivent contribuer à transformer le paysage carcéral en favorisant la dignité et la réhabilitation des individus tout en renforçant la justice sociale.
La formation représente une étape cruciale vers une réforme significative du système carcéral au Cameroun. En formant les acteurs clés de la chaîne pénale, il s’agit de créer un environnement où les droits des détenus sont respectés et où la réhabilitation est au cœur des préoccupations.
Billy Kolla













