Pour sa défense, Claudelle Yougang précise qu’il ne s’agit pas d’une idéologie du genre, mais de la protection d’une partie moins défendue de la société. “L’association se veut inclusive, nous avons des hommes parmi nous, parce qu’il s’agit d’abord des personnes. Nous voulons donner aux victimes un refuge, nous sommes une main tendue, une voix qui porte et une oreille qui écoute”, a déclaré à Wing Press Africa, la présidente fondatrice de Npowa, qui a également mis à la disposition des victimes le 8028 numéro vert.
Selon une enquête de l’association camerounaise contre les Violences Conjugales, en 2023 au Cameroun, environ 80 cas de féminicides ont été enregistrés. En 2024 le nombre de cas est réduit à 77, puis 54 en 2025. Et en mars 2026, l’on enregistre déjà 26 cas déclarés de féminicides. Ces meurtres prémédités de plus de 200 femmes en seulement 4 ans dans un pays quasi indifférent, remet au centre des débats le sempiternel problème de violences basée sur le genre.
La cartographie mondiale de la situation
Dans le monde, l’Onu Femmes annonce qu’en 2024, environ 50 000 femmes et filles sur 83 000, soit 60%, ont été tuées par leur partenaire intime ou un membre de leur famille. Autrement dit, 137 femmes et filles perdent la vie chaque jour dans le monde aux mains d’un proche. L’Onu Femmes estime que dans le monde, 840 millions de femmes– soit près d’une sur trois – ont subi au moins une fois des violences sexuelles et/ou physiques de la part d’un partenaire intime. Ce chiffre qui n’inclut pas le harcèlement sexuel, est resté largement inchangé ces vingt dernières années. Les progrès pour réduire la violence exercée par un partenaire intime ont été très lents : seulement 0,2 pour cent de baisse annuelle sur deux décennies.
Au Cameroun, on ne reste pas les bras croisés
Au Cameroun, plusieurs hommes et femmes qui ont pris fait et cause pour cette endémie, se sont rangés en ordre de bataille au moyen de l’association Nurturing de Power of Women’s Aspiration (Npowa), fondée par Claudelle Yougang, cadre d’entreprise au pays. Npowa veut nourrir le pouvoir de l’Aspiration des Femmes, par l’entremise d’actions participatives et Inclusives diverses. Le point de départ lancé samedi dernier à Douala, mettait sur la table cette question de violences conjugales croissant au Cameroun, qui selon Mme Edimo Nkoa, a pour origine des causes multiples. La présidente de l’Association Contre les Violences Conjugales a évoqué le facteur culturel. “Au nom du patriarcat, l’on encourage les pratiques traditionnelles néfastes”, a-t-elle déclaré, y ajoutant la Pauvreté et le manque d’Éducation comme fondement des violences conjugales.
L’Association qui entend faire la différence

“Certes, il y a beaucoup d’associations, mais il n’y en a jamais assez, sinon le mal n’irait pas grandissant” Claudelle Yougang.
Crée il y a peu de temps, Npowa a officiellement débuté ses activités le Week-end dernier à Douala, par une table ronde soutenue par la déléguée de la promotion de la femme et de la jeune fille de Douala 3ème, en la personne de Mme Tangmo. “je vous remercie Mme la présidente et votre équipe avec, pour ce courage et cet engagement. Nous allons vous accompagner, avec d’autres associations qui œuvrent déjà sur le terrain”, a déclaré Mme la déléguée, précisant dans sa prise de parole, que le 08 Mars (occasion de circonstance), n’est pas autour du pagne, ni une fête, mais un temps d’arrêt pour dresser un bilan sur les réalités sur l’égalité des droits des femmes, d’une justice sociale, entre autres. “Si des actions sont menées depuis 41 ans, et que malgré tout on assiste aux mêmes problèmes de nos jours, il est clair qu’il faut changer de stratégie”, par ces mots Mme Tangmo posait le cachet du gouvernement camerounais, en sa qualité de représentante, à l’envol de Npowa.
Le plaidoyer de la fondatrice, Victime Survivante
“J’ai été moi-même victime de violence, c’est une chose que j’ai vécue dans ma chair, et je l’ai gardé au fond de moi pendant longtemps. C’est une chose qui m’a miné, mais à laquelle j’ai survécu. Et parce j’ai survécu à ça, j’ai pensé dans la mesure des moyens que Dieu m’accorde, qu’il était important de proposer une plateforme à ceux et celles qui ne peuvent pas.
Alors, nous voulons nous adresser à ces dames-là, qui vivent des expériences pénibles, mais surtout à une société qui souffre énormément dans sa chair, qui vit un fléau, une pathologie et même une pandémie. À nos jours, on a une vingtaine de cas de féminicides, les années précédentes on était dans des centaines, et ça va de mal en pire. Il est donc question de sensibiliser la société, de trouver des solutions ensemble, homme comme femme.
















