Le bruit puissant et clair de la Cloche, qui représente la voix des femmes qui s’élèvent pour demander justice, égalité des chances et respect de leurs droits fondamentaux, a retenti au siège de la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale ce Jeudi 06 Mars 2026, à Douala.
Au siège de la BVMAC à Douala vendredi 06 mars dernier, plusieurs dizaines de femmes cadres et promotrices d’associations et d’entreprises, ont participé à la 12ème édition de Ring The Bell for Gender Equality, une campagne mondiale qui réunit chaque année plus de 110 marchés de capitaux pour accélérer l’égalité hommes-femmes. L’évènement coorganisé par la Bourse des valeurs Mobilières d’Afrique centrale et la Société Financière Internationale s’est tenu sous la houlette de Louis Banga Ntolo DG de la BVMAC et Charlotte Ndaw Sako, représentante pour l’Afrique centrale de l’IFC. L’acte 12 de Ring the Bell s’est tenu en présence des Déléguées départementales et régionales du Minproff, et du Minpmeesa, la représentante la Cour d’Appel du Littoral, des autorités locales.
D’après la représentante pour l’Afrique centrale de l’IFC, Ring the Bell est un mécanisme d’influence qui encourage la transparence, l’obligation de rendre compte et pousse les acteurs du secteur privé, agir pour l’égalité. Elle réunit chaque année plus de 110 bourses qui font retentir la cloche afin de réaffirmer un engagement collectif déterminant. “L’égalité n’est pas un sujet périphérique — c’est un enjeu économique et de développement”. Dans son discours, Mme Ndaw Sako a rappelé que Ring the Bell rappelle surtout une évidence : les marchés de capitaux, les investisseurs et les entreprises peuvent réduire les inégalités… ou, à l’inverse, les perpétuer car, les entreprises et les marchés sont des lieux où se décident : l’accès aux emplois et à la progression de carrière ; l’accès aux financements, aux marchés, à l’investissement ; la place des femmes dans la gouvernance ; et la manière dont les droits sont traduits en pratiques.
Un appel à l’action
“La World Federation of Exchanges (la Fédération mondiale des Bourses des Valeurs) a lancé depuis 2015, l’initiative “Ring The Bell for Gender Equality” pour marquer la Journée internationale de la Femme, et nous sommes fiers de nous joindre à ce mouvement mondial en partenariat avec IFC (la Société Financière Internationale du Groupe de la Banque Mondiale). D’après le DG de la BVMAC à Douala, Le thème de cette année, “Droit. Justice. Action pour toutes les Femmes et les Filles”, nous rappelle que nous avons encore beaucoup à faire pour atteindre l’égalité des genres. Les femmes et les filles continuent de faire face à des obstacles, des discriminations et des violences qui les empêchent de réaliser leur plein potentiel”.

Mais aujourd’hui, précise-il, nous célébrons les progrès accomplis, les femmes qui ont brisé les Barrières, qui ont osé rêver grand et qui ont réussi. Nous célébrons les hommes et les femmes qui se joignent à la lutte pour l’égalité des genres, qui utilisent leur voix pour amplifier les voix des femmes et des filles.
La sonnerie de cette cloche est un appel à l’action, un rappel que nous devons continuer à travailler ensemble pour créer un monde où les femmes et les filles peuvent vivre sans peur, sans discrimination, avec les mêmes droits et les mêmes chances que les hommes”. Commencé en 2015 avec seulement 7 bourses des valeurs l’initiative RTB de la WFE a culminé à 115 bourses participantes en 2025 dont la BVMAC qui la célébrait pour sa 3e année consécutive.
L’insuffisant engagement à l’échelle mondiale au regard des stastisques
Le thème de l’édition 2026 — « Droits. Justice. Action. pour toutes les femmes et les filles » — est un appel à trois exigences complémentaires : Droits, d’abord : parce que l’égalité se construit sur des cadres juridiques effectifs; Justice, ensuite parce que l’égalité doit se traduire en accès équitable aux opportunités économiques, aux ressources et à la gouvernance; Action, enfin : parce que l’Agenda 2030 approche et que le temps des intentions sans redevabilité est terminé.
Le rapport « Women, Business and the Law 2026 » du Groupe de la Banque mondiale rappelle une réalité structurante : l’égalité juridique est une infrastructure économique essentielle.
À l’échelle mondiale, les femmes ne bénéficient encore que de 77 % des droits juridiques reconnus aux hommes, et près de 2,4 milliards vivent dans des pays où la législation ne garantit pas pleinement leur participation économique. Mais le rapport ajoute un point décisif : les lois favorables à la participation économique des femmes ne seraient “qu’à moitié appliquées” — ce qui signifie que le monde ne manque pas seulement de réformes ; il manque d’exécution, de mécanismes, de capacité institutionnelle.
Pour le Cameroun, le rapport 2026 met en évidence des scores qui appellent à l’action : Indice du cadre légal : 44,48 /100 Indice cadres de soutien : 30,83 /100 Indice de la perception de l’application des lois : 34,01 /100. D’apres l’IFC, ces chiffres disent une chose simplement : l’écosystème qui transforme le droit en réalité — politiques, services, institutions, mécanismes d’accès à la justice — reste insuffisant, et l’application perçue demeure faible. Dans son discours, Mme Charlotte Ndaw Sako precise qu’une économie où les femmes ne sont pas protégées, où la conciliation n’est pas soutenue, où les mécanismes d’accès au droit sont faibles… est une économie qui se prive de talents, qui limite sa productivité et sa création de valeur.
Le rapport de la Société Financiere Internationale souligne avec force un autre impératif : à l’échelle mondiale, les femmes gagnent en moyenne 20 % de moins que les hommes à travail de valeur équivalente, et seules 12 % des entreprises publient des informations sur l’écart de rémunération femmes-hommes. Par ailleurs, les femmes demeurent encore sous-représentées dans les fonctions de direction, la finance et les secteurs technologiques. Or, les marchés de capitaux ont des leviers : les entreprises plus diversifiées dans leur gouvernance tendent à afficher de meilleures performances financières et extra-financières, et la présence de femmes dans les conseils d’administration renforce gouvernance et gestion durable des risques.
La feuille de route de Ring the Bell, un engagement stratégique à long terme
Voilà pourquoi Ring the Bell est pertinent : il place l’égalité au cœur de la stratégie d’entreprise et de la qualité de marché. En coorganisant cette initiative, la BVMAC réaffirme un positionnement stratégique : promouvoir des marchés plus transparents, encourager la diversité dans la gouvernance, et accompagner l’alignement sur les bonnes pratiques internationales.
L’action appelée ici n’est pas une formule. C’est une feuille de route qui comprend notamment : l’intégration d’indicateurs relatifs au genre dans les cadres de cotation et de divulgation d’informations ; le recours à des outils analytiques tels que l’analyse des écarts de genre ; le renforcement du financement en faveur des petites et moyennes entreprises détenues ou dirigées par des femmes, qui restent structurellement sous-financées ; et faire de la transparence et de la redevabilité une norme de marché, pas une exception. Et la SFI est pleinement engagée afin de contribuer à faire des marchés de capitaux de véritables leviers de développement économique inclusif.
















