Pendant un mois, ils se sont affrontés pour gagner. Dimanche, ils se sont retrouvés pour célébrer. À New-Bell, dans l’arrondissement de Douala II, le stade Fampou David Dagobert a vibré une nouvelle fois au rythme du football, des chants et des applaudissements. La 16ᵉ édition du Tournoi de la Paix s’est achevée ce dimanche 30 août 2026 sur un message qui dépasse largement le cadre sportif : dans un arrondissement marqué par la diversité, le football peut devenir un puissant instrument de rassemblement, de dialogue et de cohésion.
Un dernier coup de sifflet, une foule debout
Dimanche 30 août, New-Bell avait des allures de grande fête populaire. Dans les tribunes comme autour de la pelouse, le public a répondu présent pour cette ultime journée d’une compétition qui, depuis plusieurs semaines, avait installé le football au cœur de la vie des quartiers de Douala II.
Mais avant les finales et les derniers duels, cette édition avait débuté par un moment hautement symbolique : le défilé de toutes les équipes engagées. Une parade qui s’est répétée en finale et qui a permis aux différents quartiers de se présenter dans une même dynamique. Dès les premières minutes, le tournoi affichait ainsi sa véritable ambition : faire du terrain un espace où les différences peuvent se rencontrer plutôt que s’affronter.
Seize équipes ont pris part à cette édition : douze formations masculines et quatre féminines. Mais au-delà de la bataille pour les trophées, chaque rencontre portait une ambition plus grande : créer un espace de rencontre entre les jeunes et faire du sport un instrument de cohésion.
Un message qui résonne bien au-delà de New-Bell, dans un continent où le football occupe une place particulière dans la vie sociale et culturelle. Ici, le ballon rond n’a pas seulement servi à départager des équipes. Il a aussi permis de créer des passerelles entre les quartiers, les générations et les communautés. Au coup de sifflet final, les rivalités se sont dissipées. Il ne restait plus que la fête.
Unity et Mbam Ewondo, les nouveaux rois
Chez les dames, Unity a frappé fort. Opposée à Peace, l’équipe s’est imposée 2-0, portée par une capitaine en état de grâce. Elodie Fouda, motivée par la promesse tenue de 50 000 FCFA par but inscrit faite par le roi des Bazou, a inscrit les deux buts de la rencontre et offert à son équipe le trophée de cette 16ᵉ édition.
Chez les messieurs, le duel a également tourné à l’avantage de Mbam Ewondo-New-Bell Bassa-New-Bell Funkel. Face à Dernier Poteau-New-Bell Haoussa-New-Bell Gare, la formation s’est imposée 2-0 et a soulevé le trophée devant un public conquis. Deux finales. Quatre buts. Deux champions. Mais surtout, une même image : celle d’une jeunesse réunie autour du football.
Quand le stade devient un message de paix
À New-Bell, le Tournoi de la Paix ne se résume pourtant pas à un tableau de résultats. Depuis sa création, la compétition entend transformer les terrains de football en espaces de brassage et de dialogue. Les quartiers se rencontrent, les communautés se mélangent et les jeunes apprennent à se mesurer dans le respect des règles.
Le principe est simple : faire de la rivalité sportive un moyen de construire la fraternité plutôt qu’un facteur de division. Une philosophie qui rejoint le rôle que le sport joue dans de nombreuses communautés à travers l’Afrique, où les terrains peuvent devenir des lieux de rencontre, d’expression et de construction du vivre-ensemble. Et cette année encore, le pari semble avoir été relevé. Le stade Fampou David Dagobert a ainsi été bien plus qu’une enceinte sportive. Le temps d’une finale, il est devenu un lieu où les différences se sont effacées derrière une même passion : le football.

Denise Fampou honorée, un symbole de plus
La cérémonie de clôture a également été marquée par une distinction particulière. Mme le maire de Douala II, Me Denise Fampou, a été désignée « Femme de la Paix 2026 », en reconnaissance de son engagement en faveur de la cohésion sociale, du vivre-ensemble et de la jeunesse. Une distinction qui résonne avec l’esprit même de la compétition.
Me deJe pense que tout est bien qui finit bien. La surprise, c’était que ce soit moi qu’on désigne comme Femme de la Paix de Douala 2ème, Homme avec grand H, parce que moi, comme je préside souvent le conseil de cette commission, j’avais proposé quelqu’un d’autre. Alors j’étais surprise que le parrain me demande de prendre la parole pour présenter la personne que j’ai proposée, mais c’est plutôt moi qui ai été proposée. Donc je le constate comme vous tous et je dis merci. Merci au parrain, Son Excellence Jean-Séphane Mbiatcha, qui nous soutient depuis ma prise de fonction. Sans lui, on n’aurait pas pu tenir.
Me Denise Fampou – Maire de Douala 2ème
Le vrai trophée était ailleurs
Les champions sont repartis avec des médailles et des trophées. Les supporters, eux, avec des souvenirs. Mais le véritable enjeu de cette 16ᵉ édition était peut-être ailleurs : réunir, rapprocher, faire dialoguer, mais aussi penser à l’avenir de la jeunesse. Car au terme de la compétition, chaque enfant est reparti avec des fournitures scolaires, auxquelles s’est ajoutée une enveloppe remise personnellement par Mme le maire, Me Denise Fampou, et ses invités. Un geste qui donne une dimension supplémentaire à cette fête du football et traduit une volonté d’accompagner les jeunes au-delà du terrain.
Le tournoi aura ainsi laissé autre chose que des scores et un palmarès. Il aura aussi semé, auprès des enfants, un geste concret à l’approche de la rentrée scolaire. Cette initiative rappelle que l’impact d’un événement sportif peut se mesurer autrement que par le nombre de buts inscrits ou de trophées remportés. Lorsqu’il est pensé comme un outil social, le football peut aussi contribuer à transmettre des valeurs, créer du lien et ouvrir des perspectives à la jeunesse.
De New-Bell au-delà des frontières, un même langage
À l’heure où le football est parfois associé aux tensions, aux violences et aux divisions, New-Bell a choisi une autre voie. Celle d’un football qui rassemble plutôt qu’il ne sépare.
Dans un monde où les sociétés sont de plus en plus confrontées aux fractures sociales et communautaires, l’expérience de New-Bell rappelle, à son échelle, une réalité souvent observée sur les terrains africains : le football possède un langage que les différences peuvent difficilement empêcher de circuler.
Le dernier coup de sifflet a retenti. Les filets ont cessé de trembler. Les tribunes vont retrouver leur calme.Mais le message, lui, reste debout.
À New-Bell, le football n’a pas seulement désigné des champions. Il a rappelé qu’un ballon peut parfois faire plus que gagner un match : il peut rapprocher les hommes, créer du dialogue et donner de l’espoir à une jeunesse qui regarde déjà vers demain.















