Actuellement absent et inconnu du Marché du Carbone, le Cameroun peut très bien se tailler la part du gâteau comme la Chine, le Rwanda, le Kenya et la Tanzanie. D’après les Nations Unies, le Cameroun, avec ses forêts et marécages, possède un potentiel immense de séquestration de carbone, une aubaine financière sur le marché mondial
En synergie avec le Ministère des Finances et le Ministère de l’environnement du Cameroun, le Programme des Nations Unies pour le Développement tient un atelier à Douala, pour explorer les pistes d’investissement devant aboutir à un crédit Carbone, source de rentabilité financière sur le marché mondial. L’atelier qui s’est ouvert hier à Douala, présidé par le Secrétaire Général du ministère des finances en la personne de Gilbert Didier Edoa, porte sur l’examen d’une part des résultats d’une étude relative à la préparation du Cameroun, pour la capitalisation des opportunités du Marché Carbone soutenue financièrement par la Promesse Climatique du PNUD. “Il est important pour nous de valider ces études là, qui nous diront exactement où nous en sommes”.

D’après le ministère des Finances représenté par son Secrétaire Général, le Cameroun possède une grande surface forestière et des marécages, véritables outils de séquestration de carbone. “Le Gouvernement a à cœur de financer le développement durable en investissant dans l’économie verte, et pour cela, il faut mobiliser ces financements. Mais avant, nous devons savoir exactement quelles sont les capacités du Cameroun. Les études de l’Observatoire Camerounais sur les Changements Climatiques et plusieurs autres actions ont déjà été menées, mais cela ne suffit pas car, le marché du Carbone à ses procédures que nous devons maîtriser”, a précisé le Pr Gilbert Didier Edoa.
Actuellement absent et inconnu du Marché du Carbone, le Cameroun peut très bien se tailler la part du gâteau comme la Chine, le Rwanda, le Kenya et la Tanzanie. D’après les Nations Unies, le Cameroun possède un potentiel immense de séquestration de carbone, une aubaine financière sur le marché mondial. “Cette deuxième étude identifie les voies pour capitaliser ces opportunités, en créant un cadre transparent pour accéder aux financements internationaux”, a précisé le représentant du PNUD, Martin Zeh-Nlo.
D’autre part l’atelier est dédié à la revue conjointe des résultats de l’analyse des Politiques et Institutions dédiées à la Finance Biodiversité au titre de l’initiative BIOFIN du PNUD. À l’aune des 4 jours de travaux (24 au 27 Février), les différentes parties Prenantes : Ministères Sectoriels, Partenaires financiers, l’Institut Nationale de la Statistique et l’Observatoire Nationale des Changements Climatiques du Cameroun, procéderont à l’analyse des politiques suscitées, une étude soutenue par le PNUD qui met en lumière le besoin de réformer les mécanismes actuels, trop souvent dépendants de ressources limitées, pour financer durablement la gestion des forêts et écosystèmes.

Selon le représentant du PNUD dans son discours, l’enjeu est d’aligner les politiques sectorielles pour lever les obstacles institutionnels. Mais au-delà, le PNUD veut fournir au Cameroun, les instruments pour cibler le marché carbone comme levier d’accélération de la réalisation d’un Développement Durable au Cameroun. Une des conditions pour acceder au marché du acrbone, c’est d’avoir un système de mesure de vérification de données de séquestration de carbone, et voir comment ces données peuvent aider le Cameroun, à accéder au Financement (Auprès des pays à fort taux d’émission de gaz à effet de serre. ndlr).
Le Marché du Carbone, Comment ça fonctionne ? L’expert des Nations Unies explique
D’après Bernardin Uzayisaba, Expert du PNUD, le marché du Carbone, est un système de transactions où les individus, les organisations ou les pays, qui font des efforts pour éviter les émissions des gaz à effet de serre, ou pour séquestrer du carbone dans l’atmosphère, sont payés pour leurs efforts. Sur ce marché, le produit à vendre, c’est la quantité de Gaz à effet de serre que le vendeur a pu réduire ou éviter (séquestré) par ses efforts, qui se mesure en tonnes.
Sur le volet changement climatique, c’est un système mis en place en vue d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris adopté en décembre 2015 lors de la COP21 et entrée en vigueur en 2016, qui est un traité international juridiquement contraignant, visant à limiter le réchauffement climatique bien en deçà de 2°C, et si possible à 1,5°C, par rapport à l’ère préindustrielle. L’accord de Paris engage 194 parties à réduire les émissions de GES pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2100.

La séquestration, comment ça marche ?
Bernardin Uzayisaba explique que la séquestration du Carbone consiste à prendre le gaz déjà dans l’atmosphère, et l’utiliser à d’autres fins. Il existe deux méthodes, les méthodes naturelles et les méthodes industrielles :
_ Les méthodes naturelles c’est la plantation des arbres. La végétation a besoin de CO² en grande quantité pour grandir. Si le Cameroun par exemple plante des arbres qui créent une grande forêt, automatiquement il augmente la capacité de la terre à absorber le CO² naturellement
_ Les méthodes industrielles, c’est la capacité à éviter les émissions de gaz à effet de serre dans la nature. Par exemple, un véhicule électrique qui de fait n’émet pas de Gaz dans l’atmosphère, en remplacement d’un véhicule à hydrocarbures dont le moteur émet du gaz, est une forme de séquestration
D’après l’expert, il existe un moyen technologique de séquestration, qui est en phase expérimentale, mais le moyen le plus indiqué et usité est l’investissement sur la végétation naturelle, et l’utilisation des appareils qui n’émettent pas de gaz.











