Financement, distribution et intégration régionale : la deuxième édition du Cocktail dînatoire des Entrepreneurs, organisée le 10 octobre 2026 à Douala, a mis en avant des solutions pour rapprocher les porteurs de projets des opportunités d’affaires. Deux bénéficiaires illustrent cette ambition, entre agriculture durable et commerce en ligne.
Au Cameroun, l’un des défis majeurs des petites et moyennes entreprises reste le passage du projet à une activité économiquement viable. Trouver des financements, accéder aux circuits de distribution et conquérir des clients constituent autant d’obstacles à leur développement. C’est sur ce terrain que Vision Entrepreneuriat Cameroun (VECAM), portée par Yaël Motazé, entend agir.
Réunie le 10 octobre 2026 au Krystal Palace de Douala, la deuxième édition du Cocktail dînatoire des Entrepreneurs a rassemblé plus de 150 participants autour du thème « Bâtir la confiance, accélérer l’investissement ». L’objectif affiché : faire du réseautage un levier de croissance plutôt qu’une succession de rencontres sans débouchés commerciaux.
Des financements pour passer à l’action
Parmi les bénéficiaires figure Yat Faustin Junior, porteur d’un projet de plantation cacaoyère modèle et durable. Son ambition est de mieux structurer la production, en valorisant les terres agricoles et en modernisant les pratiques. Son projet bénéficie d’un financement de 3 millions de FCFA apporté par MRS Corporation.
Autre bénéficiaire, Ngombanga Marguerite Rein, promotrice de Queens Online Store, a reçu un financement d’un million de FCFA pour soutenir le développement de son activité. Elle entend utiliser cet appui pour faire grandir son projet et tirer parti des contacts établis lors de la rencontre.
Ces appuis donnent une dimension concrète à l’initiative. Ils mettent aussi en évidence deux enjeux complémentaires pour l’économie camerounaise : mieux valoriser les ressources agricoles locales et accompagner le développement de nouvelles activités commerciales.
Pour Yaël Motazé, l’accompagnement ne doit pas s’arrêter à la formation. VECAM a organisé six sessions en un an, réunissant 1 754 participants, dont 938 femmes. La structure veut désormais faciliter le passage à l’étape suivante : financement, partenariats et accès au marché.
Elle mise pour cela sur trois dispositifs : Passerelle VECAM, pour accompagner la structuration des entreprises ; Business Match, pour organiser des rencontres ciblées avec des partenaires ; et le Mur des opportunités, qui permet aux entrepreneurs de présenter leurs besoins et les solutions qu’ils peuvent proposer. L’ouverture aux réseaux de distribution constitue également une priorité.

La CEMAC, au-delà des frontières nationales
L’enjeu dépasse le seul marché camerounais. Pierre-Guillaume BOUM BISSAI, représentant résident de la Commission de la CEMAC au Cameroun, a rappelé la faiblesse des échanges commerciaux entre les pays de la sous-région, estimés lors de son intervention entre 3,5 % et 5 % du commerce total.
Ce faible niveau d’échanges contraste avec les possibilités qu’offre un marché communautaire de plusieurs pays. Pour les PME, l’expansion régionale suppose toutefois des entreprises mieux structurées, des produits compétitifs et des circuits de commercialisation capables de franchir les frontières. Représentant le gouverneur du Littoral, Nicole Ebune a, de son côté, insisté sur le rapprochement nécessaire entre l’administration et les entrepreneurs pour faciliter l’investissement et répondre aux besoins du secteur privé.
La prochaine étape sera déterminante : VECAM prévoit de suivre les projets accompagnés et de présenter leur évolution lors de la troisième édition, annoncée pour février 2027 à Douala. Pour les PME camerounaises, le véritable indicateur de réussite ne sera pas le nombre de contacts échangés, mais la capacité à transformer ces relations en activités durables, en emplois et en marchés, au Cameroun comme dans l’espace CEMAC.
















