Dans un contexte d’expansion numérique, la désinformation, les discours de haine et les théories du complot en ligne menacent la cohésion sociale dans plusieurs pays africains, un phénomène amplifié par l’essor de l’intelligence artificielle.
En Gambie, le « Centre national de lutte contre la désinformation et les fausses informations », premier du genre en Afrique de l’Ouest, se veut un nouvel outil régional de réponse face à la propagation des contenus trompeurs en ligne. Inauguré récemment à Banjul, la capitale, ce centre est porté conjointement par les autorités gambiennes et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Selon ses promoteurs, il aura pour mission de détecter, analyser et contrer en temps réel les campagnes de désinformation, de plus en plus fréquentes dans l’espace ouest-africain, en particulier sur les réseaux sociaux. Il devra également renforcer les capacités de fact-checking et améliorer la coordination entre les États membres.
Un outil de coordination régionale face aux fake news
« En facilitant le partage des données, des méthodologies et des alertes précoces, ce centre renforcera la capacité des États membres de la CEDEAO à anticiper, détecter et neutraliser les campagnes de désinformation transfrontalières visant la sécurité, les élections et la santé publique », a déclaré le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray.
Il a souligné que la manipulation de l’information et la diffusion de récits erronés contribuent de plus en plus aux tensions ethniques, aux perturbations électorales et à l’instabilité dans la région.
De son côté, le ministre gambien de l’Information, Ismaila Ceesay, a tenu à rassurer sur les objectifs de la structure, affirmant qu’elle ne constitue pas un instrument de censure. Il a insisté sur sa vocation à garantir l’accès des citoyens à une information fiable et vérifiée.
Fact-checking et éducation aux médias
Les activités du centre incluront notamment la vérification des faits, la diffusion d’alertes précoces sur les contenus sensibles et la sensibilisation du public aux enjeux liés à l’éducation aux médias. Cette initiative intervient dans un contexte régional marqué par une forte circulation de fausses informations, notamment lors des périodes électorales et des crises sécuritaires.
Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, les réseaux sociaux sont devenus un vecteur majeur de diffusion de contenus manipulés, alimentant parfois des tensions politiques et sociales. Pour la CEDEAO, ce centre s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la résilience informationnelle des États membres face aux menaces dites hybrides.
La Gambie, engagée dans une transition démocratique depuis 2017 après plus de deux décennies de régime autoritaire, a été choisie comme pays pilote pour cette initiative régionale.
©dpa (Deutsche Presse-Agentur)















