La justice vietnamienne, au Sud-est de l’Asie, a condamné à mort jeudi une promotrice immobilière de 67 ans accusée d’avoir pillé l’une des plus grandes banques du pays pendant 11 ans.
Truong My Lan a été reconnue coupable d’avoir contracté des prêts d’un montant de 44 milliards de dollars auprès de la Saigon Commercial Bank. Le verdict exige qu’elle restitue 25 milliards de dollars, une somme qui, selon les juges, pourrait ne jamais être récupérée. Au total, 2 700 témoins ont été entendus au cours de ce procès qui a impliqué 10 juges et environ 200 avocats.
Quatre-vingt-cinq accusés ont été jugés, dont Truong My Lan, qui a nié les accusations.Truong My Lan avait été arrêtée en octobre 2023. Elle était jugée avec 85 autres prévenus pour avoir escroqué pendant 11 ans et jusqu’en 2022 environ 42 000 personnes, via un montage d’obligations transitant par la banque commerciale de Saïgon, détenue à plus de 90 % par son groupe. La justice vietnamienne l’a condamnée à mort.

Au-delà du montant astronomique de l’escroquerie (près de 44 milliards d’euros, dont 25 milliards qui ne seront jamais recouverts), les actions de la dirigeante à la tête de l’un des plus grands groupes immobiliers du pays, ont « érodé la confiance de la population dans la direction du parti et de l’État », a estimé le jury. Un acte qui ne se pardonne pas et qui exige une punition exemplaire dans un pays dirigé par le parti communiste et dont le secrétaire général Nguyen Phu Trong s’est lancé voici plusieurs années dans une campagne anti-corruption d’ampleur visant les hautes sphères politiques et économiques.
Des centaines de personnes qui ont perdu leurs fonds presque du jour au lendemain ont manifesté mercredi 10 avril dans la capitale Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville. Un important dispositif policier avait été déployé devant le siège de la banque centrale à Hanoï. Selon Amnesty International, de « nombreuses exécutions » ont lieu chaque année au Vietnam, de l’ordre de plusieurs dizaines par an.
Wing•Press AfricaAvec BBC et RFI












