Un dispositif créé à la carte et mis en circulation depuis 2022 a fait ses preuves, et fera désormais partie intégrante de tous véhicules de transport de gros calibre. Il s’agit des caméras de surveillance connectées, dotées d’intelligence artificielle, pour une surveillance permanente des conducteurs.
D’après le ministère des transports, le nombre de personnes tuées par an dans des accidents de circulation au Cameroun, est équivalent au nombre de morts dans des crash de 8 avions Boeing. “il y a au moins 46 cas d’accident de circulation chaque jour au Cameroun, et environ 32 impliquent des gros porteurs, et presque 100% des ces accidents concernent les chauffeurs qui ont au moins 20 ans d’expérience en conduite. En 2011, les accidents de circulation ont coûté à notre économie, 100 milliards par an. Et en 2022, les accidents de circulation coûtaient à notre économie 800 milliards par an. De l’argent qui pouvait construire des salles de classe” explique le représentant du Ministre Ngalle Bibehe dans son exposé, en la personne de Dr Mbamome Divine. Il ajoute : “D’après l’OMS, si rien n’est fait, d’ici 2030, l’accident de circulation sera la première cause de mortalité pour les camerounais de moins de 45 ans”.
Afin de résorber cette situation, le ministère camerounais des Transports, en partenariat avec la société BESAFE (société née d’un partenariat public-privé entre le Ministère et Camtrack-Mtn), a développé une technologie innovante, dotée d’une intelligence artificielle devant permettre d’assister les conducteurs et les entreprises pour les transports des personnes et des marchandises. Il s’agit du dispositif Ymane Driver, installé dans chaque véhicule afin de transmettre instantanément des données au centre de contrôle surveillé par BESAFE, lesquelles données permettent un contrôle ou une assistance technique.
“il s’agit, en effet, de deux caméras installées dans les bus de transports de personnes et de marchandises, permettent entre autres de: Détecter en temps réel tout comportement jugé à risque des conducteurs et les alerter en cas d’infraction (excès de vitesse, somnolence au volant, dépassements dangereux, non port de la ceinture de sécurité, téléphone au volant, distraction, etc). De Fournir des preuves essentielles en cas d’accident via les enregistrements vidéo. “Les données obtenues des caméras permettent d’analyser pour optimiser les itinéraires, les horaires de conduite, la gestion du chargement et du déchargement des marchandises” Explique M. Mbamome Divine, en sa qualité de représentant du Ministre des Transports.


La nouvelle technologie à intelligence artificielle a été présentée aux Bailleurs de fret, aux Sociétés d’assurances, aux Banques, et à des Entreprises de transport et d’hydrocarbures, au cours d’un atelier le 14 Juin dernier à Douala. Ledit atelier était baptisé « Atelier d’opérationnalisation de la solution intelligente de Vidéo surveillance pour la sécurité du transport de marchandises et de produits dangereux ». Le Ministère des transports représenté par le Directeur des transports, Dr Mbamome Divine, a fait savoir à la presse présente que que ce dispositif est le fruit d’un contrat signé entre le Ministère des Transports et BESAFE depuis le 18 février 2022, dans le cadre d’un partenariat public-privé après une phase pilote lancée le 28 Septembre Septembre 2021, suite à la recrudescence des accidents de la circulation sur les axes routiers Yaoundé-Bafoussam et Douala-Yaoundé.
Dans sa phase de test, 400 véhicules ont été équipés de ce dispositif dont 100 étaient des bus des compagnies de transport routier interurbain de personnes et, 300, des camions de transport des produits dangereux. « Aucun de ces véhicules n’a été impliqué dans un accident de la circulation routière ou, du moins, même pas une crevaison n’y a été enregistrée durant cette phase pilote », avait affirmé le Ministre des Transports lors de la restitution des résultats de la phase pilote en décembre 2021. Ainsi, avec ce dispositif, les pratiques telles que l’excès de vitesse, la conduite en état de fatigue ou d’ébriété, la surcharge des véhicules, le transport routier clandestin, la conduite sans permis de conduire, le défaut de visite technique automobile, les mauvais dépassements, les chevauchements de la ligne continue et bien d’autres, seront inscrits dans le passé des facteurs de risque d’accidents au Cameroun.
Billy Kolla













