Dans une déclaration solennelle signée le 29 octobre 2026 à Cape Town, le Cadre de Concertation des Leaders de la Communauté Congolaise en Afrique du Sud exprime son opposition à la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), qu’il présente comme une alliance insurrectionnelle associant l’ancien président Joseph Kabila à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et au M23. L’organisation formule cinq exigences, allant de l’abandon de toute entreprise insurrectionnelle à l’application de sanctions contre les personnes impliquées dans la déstabilisation de la République démocratique du Congo (RDC).
La diaspora congolaise établie en Afrique du Sud prend position dans la crise sécuritaire et institutionnelle qui secoue la République démocratique du Congo. Dans une déclaration solennelle rendue publique le 29 octobre 2026 à Cape Town, la plateforme « Le Cadre », entendue comme le Cadre de Concertation des Leaders de la Communauté Congolaise en Afrique du Sud, exprime sa « profonde indignation » face à ce qu’elle qualifie d’alliance insurrectionnelle officialisée par la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), dirigé par l’ancien président de la République, Joseph Kabila.
Dans ce document, les membres de cette organisation, qui se présente comme une structure dédiée à la construction d’une communauté congolaise unie, structurée et résolue à défendre ses intérêts, tout en contribuant positivement à la société d’accueil sud-africaine et au développement de la RDC, accusent le FRN de fédérer des mouvements armés, notamment l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le M23.
La plateforme condamne fermement cette démarche, qu’elle considère comme une violation flagrante des dispositions constitutionnelles congolaises. Elle invoque notamment les articles 63 et 64 de la Constitution de la RDC. Le premier dispose que « tout Congolais a le devoir sacré de défendre le pays et son intégrité territoriale face à une menace ou à une agression ». Le second stipule que « tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation de la présente Constitution ».
Pour les signataires, s’allier à des forces qu’ils qualifient de négatives pour agresser sa propre patrie constitue un crime suprême de haute trahison. Ils rappellent également que cette dérive a déjà conduit, selon leur déclaration, à la condamnation à mort par contumace de Joseph Kabila pour trahison et crimes de guerre par la Haute Cour militaire de Kinshasa.
Une diaspora qui refuse un nouvel exode
La déclaration estime cette communauté entre 240 000 et 300 000 ressortissants établis sur le territoire sud-africain. Elle la décrit comme un acteur socio-économique majeur, mais également comme un témoin direct des tragédies traversées par son pays d’origine.
Les signataires établissent un lien entre les déplacements de populations congolaises et les années de gouvernance de Joseph Kabila. Ils affirment que les 18 années de son régime ont été marquées par les vagues d’exode les plus massives, poussant des milliers de leurs compatriotes à chercher refuge dans les provinces sud-africaines du Gauteng, du Western Cape et du KwaZulu-Natal.
Ces populations fuyaient, selon le document, les exactions et les massacres perpétrés par des nébuleuses armées dans l’est du pays.« Beaucoup d’entre nous en portent encore les stigmates physiques et psychologiques », soulignent les auteurs de la déclaration.
Aujourd’hui, cette diaspora aspire à la stabilité et au rapatriement volontaire. Elle dit refuser de voir sa communauté fragilisée par de nouveaux flux migratoires forcés qui seraient provoqués par les ambitions belliqueuses d’acteurs politiques en quête de positionnement.
Dans le même esprit, la plateforme rend hommage à la République d’Afrique du Sud, considérée comme sa terre d’accueil. Elle salue particulièrement le sacrifice de ses forces armées, les South African National Defence Force (SANDF), engagées sous la bannière de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), et qui, selon les signataires, ont payé le prix du sang pour défendre le peuple congolais.
Cinq exigences adressées aux autorités congolaises et aux organisations régionales
La première porte sur la fin immédiate de l’aventure insurrectionnelle. Le Cadre demande à Joseph Kabila de renoncer sans condition à son entreprise de déstabilisation et de répondre de ses actes devant la justice de la République, plutôt que de chercher à embraser l’est de la RDC.
La deuxième exigence concerne le rejet absolu de la prime à la guerre. Les signataires demandent au gouvernement congolais d’opposer un refus catégorique à toute tentative d’intégration politique, administrative ou militaire des rebelles du FRN, de l’AFC et du M23. Pour eux, « la paix ne s’achète pas par la capitulation institutionnelle face aux seigneurs de guerre ».
La troisième revendication vise le gel des avoirs et l’application de sanctions par l’Afrique du Sud. La plateforme sollicite du gouvernement sud-africain des restrictions de mouvement, des sanctions financières et le gel des actifs de toute personne qui, depuis l’étranger ou le territoire régional, planifie et finance des actes de terrorisme et de subversion contre un État souverain partenaire.
La quatrième exigence porte sur le respect des conventions internationales relatives à l’asile par la SADC. S’appuyant sur la Convention de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) de 1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique, les signataires demandent aux pays membres de la SADC de refuser systématiquement le statut de réfugié ou l’asile politique à tout individu impliqué dans des activités subversives ou des mouvements armés contre son pays d’origine.
Enfin, la cinquième exigence interpelle directement l’Union africaine sur la nécessité d’un courage politique. Le Cadre lui demande de sortir de ce qu’il qualifie de léthargie diplomatique et d’imposer des sanctions multiformes et sévères, non seulement aux dirigeants du FRN, mais également aux pays tiers et aux organisations régionales qui leur serviraient de bases arrière, de soutien logistique ou de relais de contrebande des minerais congolais.Soutien au dialogue national inclusif
En conclusion, le Cadre de Concertation des Leaders de la Communauté Congolaise en Afrique du Sud réaffirme son soutien indéfectible à l’initiative de dialogue national inclusif initiée par le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi.
Pour cette organisation, cette démarche doit permettre une refondation républicaine solide. La diaspora congolaise d’Afrique du Sud se dit prête à apporter sa contribution patriotique, civique et intellectuelle à la construction d’un Congo uni et prospère.Signée à Cape Town le 29 octobre 2026, la déclaration est portée par le Bureau exécutif de la plateforme « Le Cadre ». Esther Nino, porte-parole, est désignée comme contact presse.Source : Déclaration solennelle de la plateforme « Le Cadre », 29 octobre 2026.
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