Rencontré par la rédaction de Wing Press Africa dans son cabinet d’optique médicale La Rétine, à Akwa-Douala, le promoteur de cette structure appelle à davantage de vigilance dans le choix et le montage des lunettes. Il dénonce les pratiques de vendeurs non qualifiés et plaide pour un meilleur encadrement de la profession, dans un pays ou les lunettes non conformes inondent le marché.
« Les lunettes ne sont pas de simples accessoires. Leur efficacité dépend de la précision des mesures, de la qualité des verres et de la maîtrise de leur montage ».
À l’occasion de la Journée mondiale de la vue, célébrée ce Jeudi 8 octobre 2026, Wing Press Africa a rencontré Kemwoua Serge Bertin, opticien-lunetier et promoteur du cabinet La Rétine à Douala. Au cours de l’entretien, le professionnel agréé en santé visuelle a alerté sur les conséquences possibles d’un équipement mal adapté.
Maux de tête, fatigue visuelle, douleurs au nez ou au-dessus des oreilles peuvent notamment résulter d’un mauvais ajustement de la monture ou d’erreurs de montage. Le spécialiste, par ailleurs chef secteur Littoral de l’Ordre des Opticiens, recommande donc de ne pas banaliser ces symptômes et d’éviter l’achat de lunettes sans accompagnement professionnel.
« Chaque personne a sa compétence », rappelle-t-il, soulignant la complémentarité des métiers de la santé visuelle. L’ophtalmologue diagnostique et prend en charge les pathologies oculaires, le professionnel de la réfraction réalise les examens de vue dans les limites de ses compétences, tandis que l’opticien fabrique et monte les verres conformément à la prescription et aux mesures requises.
Le centrage des verres, une étape déterminante
Kemwoua Serge Bertin insiste sur le respect des écarts interpupillaires, qui permettent d’aligner les centres optiques des verres avec les yeux. D’après lui, une erreur de centrage peut provoquer gêne visuelle, fatigue oculaire ou céphalées, selon la correction et les caractéristiques de l’équipement.
Il déplore les pratiques de vendeurs qui commercialisent ou montent des lunettes sans formation ni autorisation pour exercer comme opticiens. Ces interventions non régulées peuvent exposer les patients à des équipements mal ajustés ou techniquement inadaptés.
«La géométrie et la courbure des verres, ainsi que leur compatibilité avec la monture, sont également essentielles. Des caractéristiques différentes entre les verres droit et gauche peuvent entraîner un déséquilibre visuel si elles ne correspondent pas aux exigences de l’équipement ». « Nous recevons des patients tous les jours », affirme-t-il, estimant avoir rencontré plus d’un millier de personnes confrontées à ces difficultés au cours des deux dernières années. Ce chiffre relève de son expérience et ne constitue pas une statistique nationale.

Le prix ne suffit pas à garantir la qualité
Le promoteur de La Rétine rappelle que le prix d’une paire ne suffit pas à en garantir la qualité. Il faut surtout vérifier la conformité des verres, leurs caractéristiques techniques, leur résistance et leur adéquation avec les besoins du porteur.
Les traitements doivent tenir compte des habitudes de vie et de l’environnement. Une personne souvent exposée au soleil n’a pas les mêmes besoins qu’une autre travaillant principalement à l’intérieur. Le choix entre verres blancs, photochromiques ou dotés d’un traitement spécifique doit ainsi être expliqué en fonction des usages réels.
L’opticien met aussi en garde contre les lunettes solaires dont la protection contre les ultraviolets n’est pas vérifiée. Des verres teintés ne garantissent pas, à eux seuls, une protection suffisante. Il recommande des produits conformes aux normes applicables. Le poids, l’ajustement et la compatibilité de la monture avec les verres influencent également le confort. Des douleurs derrière les oreilles ou sur le nez peuvent signaler une monture trop serrée, mal réglée ou inadaptée au visage.
Un appel au renforcement du contrôle de la profession
Kemwoua Serge Bertin plaide pour un contrôle plus rigoureux de l’activité optique au Cameroun. Responsable de secteur dans le Littoral, notamment pour Douala II, il explique observer les pratiques sur le terrain et transmettre les informations à sa hiérarchie afin que les services compétents puissent intervenir.
Il invite aussi les vendeurs de lunettes sans formation appropriée à se rapprocher des structures compétentes pour se former ou se recycler. « Nous sommes dans un pays de droit », souligne-t-il, encourageant ces acteurs à acquérir les qualifications nécessaires. Selon lui, la professionnalisation contribuerait à mieux protéger les consommateurs.
Une prescription correcte ne suffit en effet pas à garantir l’efficacité d’une paire de lunettes : les mesures, les caractéristiques des verres et la qualité du montage doivent également être respectées.
Prévenir les troubles visuels
À l’occasion de la Journée mondiale de la vue, le professionnel recommande aux personnes souffrant de douleurs oculaires, de maux de tête persistants ou d’une gêne avec leurs lunettes de consulter plutôt que de modifier elles-mêmes leur équipement ou de multiplier les achats sans diagnostic.
Ces symptômes peuvent avoir plusieurs causes et ne doivent pas être automatiquement attribués aux lunettes. Une consultation auprès d’un ophtalmologue ou d’un professionnel compétent en réfraction permet d’en déterminer l’origine et d’orienter la prise en charge.Il encourage également une alimentation équilibrée, riche en nutriments essentiels, ainsi qu’une hydratation suffisante. Ces habitudes favorisent le bien-être général, sans remplacer les examens ni les traitements nécessaires.
À travers cet entretien, le promoteur de La Rétine appelle à la vigilance : choisir ses lunettes ne devrait pas se résumer au prix ou à l’esthétique. La qualification du professionnel, la qualité des équipements et la précision du montage restent essentielles pour préserver le confort visuel et limiter les risques liés à des lunettes mal adaptées.
















