Le gouvernement tanzanien a annoncé, le 27 octobre 2026, la découverte de 223 milliards de pieds cubes de gaz naturel dans le bassin de Mnazi Bay, au sud-est du pays. Présentée comme la première nouvelle découverte de gaz enregistrée depuis 2015, cette ressource pourrait renforcer les capacités nationales de production électrique et soutenir le développement industriel.
Située en Afrique de l’Est, sur la façade de l’océan Indien, la Tanzanie compte environ 70 millions d’habitants selon les projections nationales pour 2026. Dans ce pays où la sécurisation de l’approvisionnement énergétique constitue un enjeu pour l’expansion économique, la découverte annoncée à Mnazi Bay apporte de nouvelles perspectives au secteur gazier. Le gisement se trouve dans la région de Mtwara, au sud-est du territoire.
Le résultat fait suite au forage du puits exploratoire Kasa-1X ST2, conduit par la Tanzania Petroleum Development Corporation (TPDC), en partenariat avec la compagnie Maurel & Prom. Le ministre de l’Énergie, Juma Zuberi Homera, a présenté cette opération comme la première nouvelle découverte de gaz naturel enregistrée dans le pays depuis 2015.
Les prévisions communiquées par les autorités font état d’une production potentielle d’environ 30 millions de pieds cubes par jour pendant au moins dix ans. Le gouvernement n’a cependant précisé ni la date de démarrage de l’exploitation ni la quantité de gaz effectivement récupérable à des fins commerciales.
La portée économique du volume annoncé reste donc liée aux évaluations techniques et aux conditions de développement du gisement. Les résultats obtenus sur deux autres puits du bloc, MB-5 et MS-2, viennent compléter ces perspectives. Selon le ministre, leur mise en exploitation a permis d’augmenter la production de plus de 65 millions de pieds cubes par jour.
L’approvisionnement en électricité, principal enjeu de la découverte
À Mnazi Bay, le gaz naturel alimente déjà une partie importante du dispositif énergétique national. Plus de 80 % de la production du site est destinée aux centrales électriques de la compagnie publique TANESCO implantées à Mtwara et Dar es Salaam, a indiqué Juma Zuberi Homera.
L’augmentation des volumes disponibles pourrait ainsi contribuer à répondre à la demande d’électricité des ménages et des entreprises, tout en accompagnant l’expansion des activités industrielles. Le gouvernement entend également limiter l’exposition de l’économie aux fluctuations des prix et aux contraintes d’approvisionnement en énergie importée.
Cette orientation place la découverte dans une problématique plus large, celle de la mobilisation des ressources énergétiques africaines au service de la production locale. Pour la Tanzanie, l’enjeu consiste désormais à convertir le potentiel gazier en capacités d’approvisionnement supplémentaires, tout en développant les infrastructures nécessaires à son exploitation et à sa distribution.
Des retombées économiques attendues
L’État tanzanien entend également tirer des revenus de cette nouvelle ressource. Les recettes envisagées reposent notamment sur les prélèvements fiscaux, la part de gaz revenant au gouvernement dans le cadre du contrat de partage de production et la participation de la TPDC au projet.
Sur ce dernier volet, le ministre a rappelé que la compagnie publique avait porté sa participation dans Mnazi Bay de 20 % à 40 % en 2024. Cette évolution renforce la présence de l’État dans le projet et sa capacité à bénéficier des revenus générés par l’exploitation.
Les perspectives concernent aussi la transformation industrielle. Le gaz pourrait être utilisé comme matière première dans la fabrication d’engrais et de produits pétrochimiques. Ces activités offriraient des débouchés supplémentaires à la ressource, au-delà de son utilisation dans la production électrique. Aucun projet industriel confirmé dans ces filières n’a toutefois été annoncé.
En parallèle, la TPDC mène des discussions avec quatre investisseurs pour le développement d’unités de production de gaz naturel liquéfié à petite échelle. Trois projets sont envisagés dans la région de Mtwara. Les montants des investissements, les décisions définitives de financement et les calendriers de réalisation n’ont pas encore été rendus publics.
Les entreprises et les travailleurs locaux dans la chaîne de valeur
La participation nationale constitue un autre volet du développement de Mnazi Bay. Selon les chiffres présentés par le ministre, environ 200 Tanzaniens ont obtenu des emplois à travers des entreprises locales. Trente-cinq contrats, représentant une valeur supérieure à 20 milliards de shillings tanzaniens, ont également été attribués à des sociétés nationales.
Les travailleurs tanzaniens représenteraient 95 % des effectifs employés dans les activités de production et de traitement du gaz. L’usine de traitement de Madimba serait entièrement exploitée par du personnel national, selon les autorités. À ces retombées économiques s’ajoutent des initiatives soutenues par la TPDC et Maurel & Prom dans les communautés environnantes. Elles concernent notamment l’éducation, la santé, la protection de l’environnement et l’autonomisation économique des femmes.
La découverte de Mnazi Bay renforce ainsi les perspectives du secteur gazier tanzanien, mais son incidence sur l’économie dépendra de la transformation du volume annoncé en production commercialisable. L’évaluation des ressources récupérables, la mobilisation des investissements et le développement des infrastructures détermineront la contribution réelle de ce gisement à la sécurité énergétique et à la croissance industrielle du pays.















