Face à des réseaux criminels qui adaptent leurs itinéraires et leurs modes opératoires, la Douane camerounaise et la National Drug Law Enforcement Agency (NDLEA) du Nigeria veulent renforcer le partage du renseignement, le ciblage des flux sensibles et la coopération transfrontalière.
Le front contre le narcotrafic se resserre entre le Cameroun et le Nigeria. Mardi 6 octobre 2026, le Directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a reçu à la Direction générale des Douanes une délégation de la NDLEA. Au centre des échanges : le renforcement de la coopération entre les deux pays face aux réseaux de trafic de stupéfiants opérant au-delà des frontières nationales.
La délégation nigériane était représentée par Usman Ali Wadar, Directeur des opérations et des enquêtes générales de la NDLEA, A. I. Zakari, Directeur des affaires internes et du suivi spécial, Mumuni Kayode Raji, Chef du service du courrier et des prestations postales, ainsi que Amari Beki Olivier, officier technique du projet NICS-UN de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime.Le renseignement au cœur de la riposte.
Colis et fret express sous surveillance
Le partage du renseignement constitue l’un des principaux axes de cette coopération. Les services camerounais et nigérians entendent améliorer leur capacité à recueillir, analyser et transmettre rapidement les informations susceptibles d’identifier les itinéraires à risque, les mouvements suspects et les flux nécessitant des contrôles renforcés. L’objectif est de renforcer l’anticipation et de permettre aux administrations de concentrer leurs moyens sur les opérations présentant les niveaux de risque les plus élevés.
Les échanges ont également porté sur les envois postaux et le fret express, des circuits susceptibles d’être exploités par les réseaux criminels pour acheminer des produits illicites. Le défi consiste à renforcer le ciblage des expéditions suspectes sans ralentir les échanges commerciaux légitimes.

Cela suppose une exploitation plus efficace des données et une circulation plus rapide de l’information entre les différents services impliqués dans la chaîne de contrôle.
La technologie constitue un autre axe majeur de la lutte. La transformation numérique des procédures douanières et les mécanismes internationaux de renseignement offrent de nouvelles possibilités en matière d’analyse des risques, de ciblage et de détection des flux de stupéfiants. Pour les deux administrations, l’enjeu est désormais de consolider les dispositifs existants et de favoriser leur utilisation coordonnée dans les opérations à dimension transfrontalière.
Une réponse commune à une menace qui ignore les frontières
La proximité entre le Cameroun et le Nigeria, ainsi que l’intensité des échanges commerciaux et humains, offrent aux réseaux criminels des opportunités qu’ils peuvent chercher à exploiter. Lorsque les contrôles se renforcent sur un axe, les trafiquants peuvent modifier leurs itinéraires, déplacer leurs activités ou adapter leurs modes opératoires. Face à cette capacité d’adaptation, les administrations doivent elles aussi renforcer leur coordination.
La coopération entre la Douane camerounaise et la NDLEA vise ainsi à mieux sécuriser les corridors, améliorer la circulation du renseignement et coordonner les interventions. L’enjeu est notamment d’éviter que les différences de procédures ou les espaces frontaliers ne deviennent des points de contournement pour les réseaux de narcotrafic.
Cette concertation s’inscrit dans une dynamique plus large de lutte contre la criminalité transnationale organisée. Pour Yaoundé comme pour Abuja, le défi consiste à sécuriser les flux commerciaux sans entraver le commerce licite, tout en renforçant les capacités des services à détecter et intercepter les circuits utilisés par les trafiquants.














