À Bangui, la 23ᵉ promotion des stagiaires contrôleurs des douanes a reçu ses diplômes le 7 octobre 2026. Sur les 108 candidats admis au départ, 99 ont obtenu la moyenne. Une nouvelle génération de professionnels appelée à contribuer à la libre circulation des marchandises, à la mobilisation des ressources communautaires et à l’intégration économique de l’Afrique centrale.
La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) renforce ses capacités humaines au service de l’intégration régionale. Le 7 octobre 2026, à Bangui, en République centrafricaine, l’École inter-États des douanes (EIED) a célébré la fin de formation de la 23ᵉ promotion des stagiaires contrôleurs des douanes.
Sur les 108 candidats admis au départ, 99 ont obtenu la moyenne, au terme de onze mois de formation théorique et d’un mois de stage pratique. La cérémonie était présidée par Mbogo Ngabo Seli, commissaire chargé du Département du Marché commun, représentant le président de la Commission de la CEMAC, Baltasar Engonga Edjo’o.
Placée sous la tutelle communautaire, l’EIED joue un rôle stratégique dans la formation des personnels douaniers des six États membres. Au-delà de la remise des diplômes, cette cérémonie met en lumière un enjeu central pour la sous-région : faire des administrations douanières des instruments efficaces de construction du marché commun, de facilitation des échanges et de sécurisation des recettes publiques.
Le retour à Bangui, symbole de la relance institutionnelle
Dans son allocution, Mbogo Ngabo Seli a présenté cette nouvelle promotion comme un signe de la vitalité retrouvée du projet communautaire. Il a également souligné la portée du retour de l’établissement à son siège statutaire de Bangui, après plusieurs années de relocalisation provisoire à Djibloho, en Guinée équatoriale.
Le commissaire a salué la solidarité de ce pays, qui a accueilli l’école durant cette période. Ce retour marque une étape importante pour une institution dont la vocation est de former des professionnels capables de répondre aux besoins communs des administrations douanières de la CEMAC.
Pour la communauté, l’enjeu est désormais de transformer cette dynamique institutionnelle en résultats concrets sur le terrain. La fluidité des échanges entre les États membres dépend notamment de la qualité des contrôles, de l’application cohérente des réglementations et de la capacité des agents à lutter contre la fraude sans entraver inutilement la circulation des marchandises.

La mobilisation des recettes communautaires en ligne de mire
Les nouveaux diplômés sont également appelés à contribuer à la mobilisation efficace de la Taxe communautaire d’intégration (TCI), une ressource destinée au financement du fonctionnement et des activités communautaires.
La collecte de cette taxe constitue un enjeu important pour la capacité de la CEMAC à financer ses institutions et à soutenir ses programmes d’intégration. Elle exige des agents des douanes de la rigueur, une bonne maîtrise des procédures et un respect strict des règles applicables.
S’adressant aux nouveaux contrôleurs, le commissaire les a ainsi exhortés à incarner les valeurs d’intégrité, de discipline professionnelle et de service communautaire. Des exigences qui prennent tout leur sens dans un environnement où les administrations doivent simultanément protéger les recettes publiques, combattre les pratiques frauduleuses et faciliter les opérations commerciales.
ZLECAf : les douanes face aux défis de l’ouverture commerciale
Le déploiement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) renforce les attentes à l’égard des administrations douanières. La multiplication des échanges commerciaux exige des procédures plus efficaces, une coopération accrue entre les services nationaux et une application rigoureuse des règles encadrant la circulation des marchandises.
Dans ce contexte, les nouveaux contrôleurs auront un rôle déterminant à jouer dans la modernisation des pratiques douanières et l’accompagnement des opérateurs économiques. Leur efficacité contribuera à améliorer les conditions des échanges, à limiter les irrégularités et à renforcer la confiance dans les administrations publiques.
La promotion compte également des profils remarqués sur le plan académique. La Congolaise Narcisse Stephie Djembo s’est classée première avec une moyenne de 14,80/20, illustrant les performances enregistrées au terme de cette formation.
Des diplômes à l’épreuve du terrain
Avec ces 99 nouveaux contrôleurs, la CEMAC dispose d’une nouvelle génération de professionnels appelés à servir les administrations douanières de ses six États membres. Mais la portée de cette formation se mesurera surtout à leur capacité à appliquer les compétences acquises et à contribuer concrètement aux objectifs communautaires.
La consolidation du marché commun ne dépend pas uniquement des textes et des engagements politiques. Elle repose aussi sur des agents capables de faire respecter les règles, de faciliter les échanges et de servir l’intérêt collectif.
À Bangui, la sortie de la 23ᵉ promotion rappelle ainsi que l’intégration économique de l’Afrique centrale se construit également aux frontières, dans les bureaux de douane et au quotidien, par la qualité du service public.
















