Les résultats d’une étude allemande, d’apparence simple mais redoutablement efficaces, pourront appuyer la campagne du Nigéria pour de dons de sang plus sûrs et à moindre coût.
Une équipe de l’Université de Greifswald montre qu’un simple double nœud sur les tubulures des poches de sang réduit fortement les infections au Nigeria, offrant une solution peu coûteuse pour sécuriser les transfusions là où les équipements spécialisés font défaut. L’efficacité d’un second nœud a été testée à Greifswald, où les chercheurs ont fermé 90 poches de sang avec un seul nœud et 90 autres avec deux. Résultat : huit poches ont été substantiellement contaminées dans le premier lot, contre aucune poche affectée dans le second.
Pour y parvenir, des cultures bactériennes ont été introduites dans des tubulures reliées aux poches par connexion stérile. Celles-ci ont été suspendues tête en bas, afin d’assurer un contact constant des bactéries avec le nœud extérieur, puis conservées entre 20 et 22 °C pendant 35 jours. « La solution peut paraître étonnamment simple, mais son importance pour le processus et la sécurité des transfusions sanguines dans le plus grand pays d’Afrique subsaharienne est cruciale », explique le professeur Andreas Greinacher, de l’Institut de médecine transfusionnelle de Greifswald.
Un risque grave : la contamination du sang pour les transfusions
La contamination bactérienne du sang destiné aux transfusions constitue un risque grave pour les patients, surtout dans des contextes à ressources limitées. Faute d’équipement de thermoscellage, dépendants d’une alimentation électrique fiable, souvent absente dans des environnements difficiles, les alternatives restent indispensables, selon les chercheurs. « La recherche n’est pas toujours synonyme de high-tech, mais elle est toujours importante », souligne le professeur Karlhans Endlich, directeur scientifique de la médecine universitaire de Greifswald. « Si une recherche apparemment simple peut aider davantage de personnes à survivre, c’est une avancée majeure », ajoute-t-il.
Publiée dans le New England Journal of Medicine, la recherche a été menée dans le cadre du partenariat clinique entre l’hôpital universitaire nigérian Aminu-Kano et la médecine universitaire de Greifswald, soutenu par le ministère allemand de Développement, la fondation Else Kröner-Fresenius et la National Blood Service Agency d’Abuja.
© dpa (Deutsche Presse-Agentur)
















