À Yagoua, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, les éléments de la Zone III de l’opération HALCOMI VI ont intercepté 10 camions semi-remorques chargés de 300 tonnes de riz défiscalisé, avant leur passage vers le Tchad. Une saisie qui met en lumière les enjeux de contrôle sur l’un des principaux corridors commerciaux de la sous-région.
Le dispositif douanier s’est resserré sur le pont de Zébé. Les 16, 17 et 18 septembre 2026, les éléments de la Zone III de l’opération HALCOMI VI ont successivement intercepté dix camions semi-remorques qui s’apprêtaient à franchir la frontière camerouno-tchadienne. À leur bord : 6 000 sacs de riz de 50 kilogrammes, soit un volume total de 300 tonnes. La valeur imposable de la cargaison est estimée à 120 millions de FCFA.
Un trafic au cœur des tensions sur les produits défiscalisés
La particularité de cette saisie tient à la nature de la marchandise. Le riz intercepté appartient à la catégorie des produits ayant bénéficié de mesures de défiscalisation, mises en place par l’État camerounais dans l’objectif de contribuer à la maîtrise des prix et de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs.
Son acheminement clandestin vers le Tchad aurait ainsi permis de détourner ces avantages fiscaux de leur finalité initiale. Selon les éléments communiqués par la Douane, les opérateurs impliqués cherchaient à faire sortir ces stocks du territoire camerounais pour les écouler sur les marchés voisins.
Au-delà de la marchandise saisie, l’affaire souligne la difficulté de contrôler les flux de produits de première nécessité sur une frontière où les échanges commerciaux légaux côtoient des circuits informels et clandestins.
Yagoua, un point sensible du commerce transfrontalier
Le pont de Zébé, où les interceptions ont été réalisées, constitue un point stratégique sur l’axe reliant le Cameroun au Tchad. La saisie de dix semi-remorques en trois jours donne la mesure des volumes que peuvent représenter certains réseaux de contrebande lorsqu’ils exploitent les corridors transfrontaliers.
Pour les finances publiques camerounaises, le phénomène présente un double enjeu : il peut entraîner un manque à gagner fiscal et détourner des mécanismes de soutien destinés au marché intérieur. Avec cette opération, la Zone III de HALCOMI VI confirme donc sa volonté de renforcer la surveillance des flux de marchandises dans l’Extrême-Nord et de lutter contre les circuits qui contournent la réglementation douanière.
À la frontière camerouno-tchadienne, la bataille contre la fraude ne porte ainsi plus seulement sur les recettes douanières. Elle touche également à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement et à la disponibilité des produits essentiels sur les marchés locaux.















