À l’image de milliers de communautés mobilisées à travers le monde pour la Journée mondiale du nettoyage, Douala 5, plus précisément Akwa Nord, a pris part ce 19 septembre 2026 à la lutte contre la pollution plastique. Sur les berges du Wouri, près de 400 personnes ont participé à l’opération portée par River Cleanup Cameroon et près de 300 kg de déchets plastiques ont été retirés de l’environnement.
De l’Amérique à l’Afrique, de l’Asie à l’Europe, la Journée mondiale du nettoyage entend chaque année fédérer citoyens, associations, entreprises et institutions autour d’un même enjeu : débarrasser les espaces de vie des déchets et faire émerger une responsabilité environnementale collective.
À Douala, cette mobilisation internationale a trouvé un point d’ancrage sur les berges du Wouri, l’un des principaux cours d’eau du Cameroun. Ce samedi 19 septembre, River Cleanup Cameroon a réuni volontaires, associations, communautés locales, services publics et jeunes engagés autour d’une opération de nettoyage à Bonamouang, dans le secteur d’Akwa Nord.
Le dispositif prévoyait initialement environ 250 participants. Yoppa Lucien, représentant pays de River Cleanup Cameroon, estime finalement la mobilisation à « pratiquement 400 personnes ». Sur le terrain, l’opération a permis de retirer près de 300 kg de déchets plastiques, selon le responsable de River Cleanup Cameroon.
Le Wouri, maillon d’un problème qui dépasse les frontières
La mobilisation doualaise s’inscrit dans une problématique qui ne s’arrête ni aux limites de la ville ni aux frontières nationales.
Les déchets abandonnés sur les berges peuvent être entraînés par les eaux, rejoindre les cours d’eau, puis atteindre les zones côtières et les océans. D’après Lucien Yoppa, dans une métropole comme Douala, où le Wouri joue un rôle majeur dans la vie économique et sociale, la question des déchets plastiques prend ainsi une dimension à la fois locale et internationale.
River Cleanup Cameroon cite notamment une estimation de The Ocean Cleanup, selon laquelle plus de trois millions de kg de déchets plastiques pourraient transiter par le bassin du Wouri et atteindre l’Atlantique. Le nettoyage des berges devient dès lors plus qu’une opération de salubrité : il constitue un maillon local d’une lutte mondiale contre la pollution plastique.




Des déchets transformés en données
L’initiative ne s’est pas limitée au ramassage. Les déchets collectés ont également vocation à être triés, pesés et analysés. À travers le Brand Audit, les participants cherchent notamment à identifier les marques présentes dans les déchets retrouvés dans l’environnement. L’objectif est de mieux documenter la pollution et d’identifier les types de produits qui se retrouvent le plus fréquemment dans les espaces naturels.
Cette approche donne une dimension supplémentaire au World Cleanup Day : nettoyer, mais aussi produire de la connaissance pour mieux prévenir. « Ce n’est pas mon déchet, mais c’est quand même ma planète » : le slogan retenu pour cette édition traduit cette volonté de dépasser la simple opération ponctuelle et d’installer une responsabilité partagée.
La société civile aux côtés des institutions
À Bonamouang, la mobilisation a réuni une diversité d’acteurs. La délégation départementale du MINEPDED, le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique, la chefferie de Bonaventure, 21 associations et les appelés du service civique ont notamment participé à l’initiative.
Pour Mme Reine Djeumen qui représentait le ministère de l’environnement, retirer les bouteilles et autres emballages plastiques des cours d’eau constitue une action concrète en faveur de la protection de l’environnement et rejoint les objectifs de développement durable.
Une journée mondiale, un défi permanent
La Journée mondiale du nettoyage offre ainsi une visibilité internationale à des actions menées localement. À Douala, elle a surtout permis de mettre en lumière une réalité : la pollution du Wouri ne peut être dissociée de la problématique mondiale des déchets plastiques.
Les quelque 300 kg collectés ce 19 septembre ne représentent qu’une fraction des déchets susceptibles d’atteindre les cours d’eau. Mais l’opération permet de relier trois impératifs : nettoyer les espaces pollués, mesurer la nature des déchets et agir sur les comportements qui les produisent et les abandonnent.
Du Wouri à l’Atlantique, le message porté depuis Douala rejoint ainsi celui de la Journée mondiale du nettoyage : la lutte contre la pollution commence au niveau local, mais ses conséquences et ses enjeux sont mondiaux














