Au Forum régional sur la notation financière, organisé par GIC Rating S.A. à Douala, la Directrice générale d’Ecobank et présidente de l’APECCAM a mis en lumière le potentiel de la notation pour améliorer la perception du risque, diversifier les sources de financement des entreprises et renforcer la confiance des investisseurs. Un enjeu majeur pour le développement du marché financier en Afrique centrale.
Comment faciliter l’accès des entreprises aux financements tout en maîtrisant leur coût et en rassurant les investisseurs ? C’est l’une des questions au cœur du débat sur le développement du marché financier en zone CEMAC ce mercredi 28 Octobre 2026 à Douala.
Selon Gwendoline Abunaw, Directrice générale d’Ecobank et présidente de l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (APECCAM), la notation financière peut contribuer à relever ce défi en améliorant la transparence et la compréhension des risques liés aux emprunteurs.
Intervenant ce mercredi 28 octobre 2026 au Krystal Palace de Douala lors du Forum régional sur la notation financière organisé par GIC Rating S.A., Gwendoline Abunaw a souligné le rôle de cet outil dans la diversification des financements, la réduction des coûts d’emprunt et le renforcement de la confiance des investisseurs.
Réduire le risque perçu pour élargir l’accès au financement
Dans les économies de la CEMAC, le crédit bancaire demeure une source importante de financement pour les entreprises. Mais la capacité à mobiliser des ressources adaptées aux besoins d’investissement dépend notamment de la qualité de l’information financière disponible et de la perception du risque par les financeurs.
La notation financière apporte une évaluation structurée de la capacité d’une entreprise ou d’un État à honorer ses engagements. En donnant aux banques et aux investisseurs un repère supplémentaire pour apprécier le risque de crédit, elle peut contribuer à réduire les incertitudes et à faciliter les décisions de financement.
Face à un public réceptif, la Directrice Générale de Ecobank a fait savoir que l’intérêt de cette démarche dépasse la relation traditionnelle entre une banque et son client. “Une entreprise doit pouvoir envisager plusieurs sources de financement, notamment en explorant les possibilités offertes par les marchés financiers”. D’après la Directrice Générale de Ecobank, cette diversification peut lui permettre de rechercher des capitaux mieux adaptés à ses projets, plutôt que de dépendre exclusivement des crédits bancaires, particulièrement lorsque les besoins portent sur des investissements à moyen ou long terme.
Mme Abunaw précise que la notation peut également jouer un rôle dans les conditions d’emprunt. “Une évaluation crédible et un profil de risque favorable sont susceptibles d’améliorer la perception d’un emprunteur auprès des investisseurs. Toutefois, la notation ne garantit ni l’obtention d’un financement ni une baisse automatique des taux d’intérêt. Ses effets dépendent de la situation financière de l’entreprise, de la qualité des informations communiquées et des conditions du marché”.
Elle souligne que l’enjeu est de faire de la transparence financière un véritable atout économique. “Des données fiables et une meilleure visibilité sur les risques peuvent aider les investisseurs à comparer les opportunités, à orienter leurs ressources et à évaluer plus précisément les perspectives de rendement. Cette confiance est essentielle pour rapprocher les entreprises en quête de capitaux des investisseurs disposés à les accompagner”.

La crédibilité, condition de la confiance des investisseurs
La question de la confiance conduit également à s’interroger sur la place des agences de notation dans la construction d’un marché financier régional plus dynamique. Si les grandes agences internationales, telles que Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch, disposent d’une présence reconnue, le développement d’une expertise régionale peut contribuer à mieux prendre en compte les réalités économiques et institutionnelles de l’Afrique centrale.
Cette ambition suppose des exigences rigoureuses en matière d’indépendance, de gouvernance et de méthodologie. La crédibilité d’une notation repose sur l’objectivité de l’évaluation, la qualité des informations analysées et la capacité de l’agence à préserver son autonomie. Sans ces garanties, la notation risque de ne pas jouer pleinement son rôle auprès des banques, des entreprises et des investisseurs.
La consolidation de cet écosystème nécessite ainsi l’engagement de plusieurs acteurs : les entreprises, appelées à améliorer la qualité de leur information financière ; les établissements de crédit et les investisseurs, qui doivent pouvoir s’appuyer sur des analyses fiables ; mais aussi les autorités de régulation, dont le cadre d’intervention contribue à la confiance dans le marché.
Autour de Gwendoline Abunaw, le panel réunissait notamment Samuel Kotto Ndoumbé, membre des comités spécialisés de GIC Rating S.A., ainsi que les représentants de la Société financière internationale au Cameroun, de l’Association des sociétés de gestion de portefeuille d’Afrique centrale et de Harvest Asset Management. Les échanges étaient modérés par Me Marie-Claude Edjang, avocate d’affaires, avec un débat interactif ouvert aux participants de la salle.
À travers cette discussion, la notation financière apparaît comme un instrument susceptible de contribuer à la diversification des financements en zone CEMAC, à condition de s’appuyer sur des évaluations crédibles et une information de qualité. Pour Gwendoline Abunaw, l’enjeu est de renforcer les passerelles entre entreprises et investisseurs afin de faciliter la mobilisation des capitaux au profit de l’activité économique. La transformation de cette ambition en résultats concrets dépendra toutefois de la capacité du marché régional à instaurer durablement la transparence et la confiance.















