Réunie à Luanda, la CEEAC veut faire du CEREEAC un instrument opérationnel de la transition énergétique régionale. Financement, compétences et projets structurants figurent désormais au cœur de l’équation, avec un premier Forum de l’Afrique centrale sur les énergies renouvelables annoncé pour 2027.
L’Afrique centrale veut passer des intentions aux projets. Réunis à Luanda, en Angola, du 20 au 24 août 2026, les ambassadeurs membres du Comité des représentants permanents (COREP) de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) ont réaffirmé leur soutien à l’opérationnalisation du Centre pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique de l’Afrique centrale (CEREEAC).
Le 24 août, une délégation conduite par Mariam Mahamat Nour, Vice-Présidente de la Commission de la CEEAC, s’est rendue au siège du Centre. La mission visait notamment à apprécier son niveau d’opérationnalisation, à examiner ses contraintes et à évaluer sa capacité à accompagner les États membres dans leurs politiques de transition énergétique.
Un outil régional pour onze États
Basé à Luanda, le CEREEAC est l’institution spécialisée de la CEEAC chargée de soutenir la coopération régionale dans les domaines des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.
Son mandat ne se limite pas à la production d’électricité. Le Centre doit également contribuer au partage d’expertise, au renforcement des compétences, à l’élaboration de politiques régionales et au développement de solutions énergétiques adaptées aux besoins des onze États membres.
Un enjeu stratégique pour une région où l’accès à une électricité fiable demeure un facteur déterminant pour l’industrialisation, l’agriculture, les services, le numérique, l’éducation et la santé.
Le financement au cœur du défi
Lors de la rencontre de Luanda, les responsables du CEREEAC ont présenté les avancées enregistrées, mais également les contraintes qui limitent encore son fonctionnement. L’insuffisance des ressources financières et humaines figure parmi les principales difficultés.
Le défi est désormais de transformer le mandat institutionnel du Centre en capacités opérationnelles. Cela implique notamment de financer les études, renforcer l’expertise, accompagner les États dans leurs politiques énergétiques et faire émerger des projets suffisamment structurés pour attirer les investissements.
Cette question s’inscrit dans un contexte régional marqué par d’importants besoins en matière d’accès à l’électricité. Les solutions renouvelables décentralisées, notamment le solaire et les mini-réseaux, constituent parmi les pistes identifiées au niveau international pour améliorer la desserte des zones rurales et insuffisamment électrifiées.
Solaire, hydroélectricité et efficacité énergétique
Le CEREEAC entend ainsi intervenir sur plusieurs leviers : développement des énergies renouvelables, amélioration de l’efficacité énergétique, formation et renforcement des capacités, mais aussi harmonisation et accompagnement des politiques publiques.
Au-delà de la question environnementale, l’enjeu est économique. Une énergie plus disponible et plus compétitive peut soutenir la transformation locale des produits agricoles, améliorer la productivité des entreprises et favoriser l’émergence de nouvelles activités dans les territoires encore insuffisamment desservis.
Pour les économies d’Afrique centrale, la transition énergétique se retrouve ainsi directement liée à des questions de compétitivité, d’emploi, d’industrialisation et de développement territorial. Luanda prépare le rendez-vous de 2027La prochaine échéance est déjà fixée. La CEEAC prépare le premier Forum de l’Afrique centrale sur les énergies renouvelables, annoncé à Luanda au premier trimestre 2027.
Le processus de recrutement d’un cabinet chargé d’accompagner la préparation et l’organisation de cette rencontre a été lancé. Le forum doit notamment servir de plateforme pour mobiliser les partenaires techniques et financiers, présenter des projets et renforcer la coopération entre les États membres. Pour le CEREEAC, ce rendez-vous constituera également une étape importante pour démontrer sa capacité à passer d’un mandat institutionnel à une véritable fonction de coordination et d’impulsion des investissements énergétiques régionaux.
L’énergie au cœur de l’intégration régionale
À travers le soutien affiché par le COREP, la CEEAC cherche désormais à inscrire l’énergie parmi les priorités concrètes de son processus d’intégration. Le défi consiste à mobiliser davantage de ressources, renforcer les capacités du CEREEAC et transformer les orientations régionales en projets susceptibles d’améliorer l’accès à l’électricité et de soutenir l’activité économique.
Pour l’Afrique centrale, l’enjeu dépasse donc la seule transition énergétique. Il touche directement à la capacité de la région à produire, transformer, connecter ses territoires et accélérer son industrialisation.À Luanda, la CEEAC pose les bases d’une nouvelle étape. Le véritable test sera désormais celui de l’exécution : financer les ambitions, structurer les projets et transformer les orientations régionales en énergie effectivement disponible pour les populations et les économies.
















