À Garoua-Boulaï, les Douanes camerounaises viennent de mettre au jour une importante cargaison de munitions de contrebande. Vingt-cinq mille cartouches de chasse et 24 paquets de plombs ont été interceptés au poste de Yokosiré, rappelant les enjeux sécuritaires liés au contrôle des flux sur cette porte d’entrée de l’Est camerounais. Selon la Douane camerounaise, la saisie s’est déroulée lors d’un contrôle routier régulier au poste fixe de Yokosiré, situé à l’entrée de Garoua-Boulaï.
Les éléments de la Brigade Mobile des Douanes ont découvert 25 000 cartouches de chasse, réparties dans 25 colis et dissimulées dans un véhicule. Pour échapper aux contrôles, la cargaison avait été camouflée sous des effets militaires. Les agents ont également découvert 24 paquets de plombs. L’opération intervient dans une zone frontalière stratégique, où la circulation des personnes et des marchandises impose aux services de contrôle un travail permanent de surveillance.
Dans cet espace de contact entre le Cameroun et les pays voisins de l’Afrique centrale, la lutte contre les trafics transfrontaliers constitue un enjeu à la fois douanier et sécuritaire.


Une saisie qui pose la question des flux transfrontaliers
Au-delà du volume de la marchandise interceptée, la découverte de ces munitions illustre les difficultés auxquelles sont confrontés les dispositifs de contrôle face aux cargaisons dissimulées dans des véhicules circulant sur les axes transfrontaliers.
Les autorités camerounaises n’ont, à ce stade, pas communiqué publiquement sur l’origine exacte des munitions, leur destination finale ou l’identité d’éventuels commanditaires. Il serait donc prématuré d’établir un lien entre cette saisie et un réseau criminel régional. L’enquête devra précisément déterminer le circuit emprunté par la cargaison et les éventuelles complicités.
Le propriétaire du véhicule a été interpellé puis remis à l’antenne de la Sécurité militaire de Garoua-Boulaï. Un procès-verbal a été dressé et le véhicule ainsi que les marchandises saisies ont été placés sous scellés au sein du service des Douanes.
La frontière Est, un maillon sensible
Garoua-Boulaï occupe une position stratégique dans les échanges entre le Cameroun et son environnement régional. Cette localisation en fait également un point de vigilance pour les services chargés de contrôler les marchandises et de lutter contre les trafics transfrontaliers. La saisie de Yokosiré remet ainsi au premier plan une question plus large : comment renforcer le contrôle des corridors commerciaux sans entraver les échanges légitimes entre les pays d’Afrique centrale ?
Pour les services douaniers et sécuritaires, l’enjeu dépasse désormais la simple interception de cargaisons isolées. Il consiste également à identifier les itinéraires, les méthodes de dissimulation et les éventuels réseaux qui pourraient faciliter la circulation clandestine de munitions dans la sous-région. À Garoua-Boulaï, la procédure se poursuit. Les investigations devront notamment permettre de retracer le parcours de cette cargaison de 25 000 cartouches et d’établir si elle constitue une opération isolée ou l’un des maillons d’un circuit plus vaste.














