À l’occasion des 66 ans de l’indépendance du Mali, célébrés le 22 septembre à Douala, la Consule générale Seye Mariam Traoré a livré un discours marqué par la mémoire historique, la souveraineté, la dynamique de l’AES et la place de la jeunesse. En clôture, elle a porté un message de fraternité au Cameroun et au président Paul Biya, au nom du général d’armée Assimi Goïta.
La Communauté Malienne au Cameroun, a célébré ses 66 ans d’indépendance loin de ses frontières, mais avec une forte présence de sa diaspora. À Douala, l’hôtel Krystal Palace a accueilli, le 22 septembre 2026, une importante communauté malienne ainsi que des autorités locales et diplomatiques venues commémorer l’indépendance proclamée le 22 septembre 1960.
Dans son allocution, Mme Seye Mariam Traoré Consule générale au Cameroun, a donné à cette célébration une portée qui dépassait la seule commémoration historique. Son propos a relié l’héritage de Modibo Keïta aux choix stratégiques actuels de Bamako, en passant par la mémoire des grandes civilisations maliennes.
De Modibo Keïta à la souveraineté
Pour la Consule générale, l’histoire du Mali ne saurait être réduite à 1960. Elle plonge ses racines dans les grands empires africains, dans les savoirs de Tombouctou, les traditions commerciales et culturelles, ainsi que dans le patrimoine de Djenné et d’autres hauts lieux de la civilisation malienne. La proclamation de l’indépendance par Modibo Keïta demeure cependant un moment fondateur.
Mme Seye Mariam Traoré a rappelé la volonté exprimée alors de rompre avec toute tutelle et de faire de la dignité nationale un principe directeur. Soixante-six ans plus tard, cette référence historique sert de point d’ancrage à un discours contemporain articulé autour de la souveraineté.
L’AES, prolongement d’un choix stratégique
Cette souveraineté a été directement mise en relation avec la trajectoire actuelle du Mali et la constitution de l’Alliance des États du Sahel. La diplomate a rappelé le rapprochement entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, engagé avec la création de l’AES en 2023 puis renforcé par la transformation de l’alliance en confédération à Niamey, le 6 juillet 2024.
Dans son discours, cette dynamique est présentée comme une volonté des trois États de construire ensemble des mécanismes de défense, de diplomatie et de développement et d’assumer leurs choix stratégiques. La Consule générale a également rendu hommage aux Forces armées maliennes et évoqué leur engagement dans la lutte contre le terrorisme.
La jeunesse, autre front de la souveraineté
Mais le discours ne s’est pas limité aux enjeux géopolitiques. Mme Seye Mariam Traoré a consacré une large place à la jeunesse. « L’avenir n’est pas un don, c’est une conquête », a-t-elle lancé, invitant les jeunes Maliens à prendre leur part dans la construction du pays.Étudiants, ingénieurs, entrepreneurs et acteurs de la création ont été présentés comme les porteurs du prochain chapitre de l’histoire malienne.
La Consule générale a ensuite élargi son propos aux jeunes Camerounais et à ceux de l’espace AES, en citant notamment une déclaration du président Paul Biya sur la responsabilité de la jeunesse dans l’avenir du Cameroun. Le message était ainsi conçu comme un trait d’union entre les deux pays : la souveraineté et le développement ne peuvent, selon son propos, être dissociés de la capacité des nouvelles générations à prendre le relais.
Bamako transmet un message à Yaoundé
S’adressant au Gouverneur, Mme Seye Mariam Traoré lui a demandé d’être le « porte-voix » du Mali auprès du président Paul Biya. Elle l’a chargé de transmettre au chef de l’État camerounais « les salutations fraternelles » du général d’armée Assimi Goïta, tout en exprimant la reconnaissance du Mali pour l’accueil réservé à ses ressortissants.
La Consule générale a cité plusieurs villes camerounaises — Bertoua, Douala, Edéa, Yaoundé et Kribi — pour illustrer l’implantation de la diaspora malienne dans le pays. Ce passage a donné à la célébration une dimension bilatérale assumée : derrière la commémoration de l’indépendance, le Mali a également voulu réaffirmer la proximité entre ses populations et celles du Cameroun.
« L’Afrique de demain »
« De Modibo Keïta au Général d’Armée Assimi Goïta, de 1960 à 2026, nous sommes le même peuple, avec la même foi. 66 ans de mémoire, 66 ans de résilience, 66 ans de construction », a-t-elle déclaré. La célébration s’est achevée sur un appel à l’unité et à la souveraineté, mais aussi sur une ouverture vers le continent : « Vive le Mali, vive l’AES, vive l’amitié Mali-Cameroun ! Vive la diplomatie souveraine ! »
À Douala, le 66e anniversaire de l’indépendance malienne aura ainsi combiné mémoire nationale, affirmation souverainiste, vision régionale et message diplomatique, avec une conviction placée au centre du discours : l’avenir du Mali comme celui de l’Afrique se jouera largement avec sa jeunesse.















