Diomaye Faye est membre fondateur du Pastef au même titre que Ousmane Sonko. En tant que secrétaire général du parti, il était l’architecte de la doctrine et de l’administration interne. Dieu seul sait comment le poste de secrétaire général dans une association exige un cerveau mécanique.
Et donc, Ousmane Sonko est devenu président du Pastef grâce à son charisme et sa capacité à porter la voix des autres en public, et non pour le fait qu’il serait mieux que Faye sur le plan de la gouvernance. Diomaye Faye, secrétaire général à l’époque et donc très méthodique et procédural, est devenu président du Sénégal par destin. (C’est généralement Dieu qui donne le pouvoir, et contre toute attente) N’oubliez pas que Diomaye Faye est plutôt discret et prudent dans ses démarches, contrairement à Sonko qui est un guerrier de premier rang, toujours près à faire face sans tenir compte des moyens de l’adversaire. Il est de fait plus enclin à faire plaisir au peuple, par une attitude populiste, c’est un politicien pur.
De plus, Ousmane Sonko me donne l’impression d’être hautain vis-à-vis de Diomaye Faye, ce qui peut expliquer que Faye préfère souvent décider sans trop discuter avec lui, pour éviter de subir la condescendance d’une personne qui lui rappelle à la moindre occasion qu’il est son grand frère. Si vous êtes un président aimé par tout le peuple, faites attention, c’est dangereux car, lorsque vous êtes au pouvoir, il n’y a pas qu’au peuple que vous vous rendez compte, il y a Dieu, ensuite les partenaires internationaux, les conventions internationales, etc.
Aucun pouvoir ne s’exerce sans l’aval d’une entité spirituel, qui est souvent moins soucieux de ce que veut le peuple. Saul était aimé du peuple, mais Dieu l’a rejeté au profit de David. C’est une question de stratégie et de vision futuriste. D’après ce que déclare Sonko dans son point de presse, le tiraillement entre lui et Faye part des promesses non tenues durant la campagne électorale, alors qu’il faut tout de suite donner au peuple ce qu’il attend . Le pouvoir n’est pas une lecture linéaire ou on avance au fil de la lecture, c’est tout un écosystème a manager, toute équation avec de multiples variables et inconnus à résoudre, pour arriver aux promesses.
Dans l’histoire de la politique africaine, les draineurs de foule ont le plus souvent échoué dans la conquête du pouvoir (Blé Goude, Succès Masra, Matin Fayulu, Maurice Kamto, etc), pour la simple raison que la foule peut adhérer à vos idéaux, mais le pouvoir vous rejete. Ou si vous voulez, Dieu vous rejette. En Côte d’Ivoire, Gbagbo rassemblait des foules, mais l’issue a laissé plus de 3000 morts au passage. Ouattara qui ne drainait pas les foules est au pouvoir jusqu’à nos jours, et la Côte d’Ivoire se porte plutôt bien.
Le pouvoir c’est autre chose que la politique des foules. Le Pouvoir n’appartient pas à la foule, il appartient d’abord à Dieu, et ensuite au peuple. Le peuple n’est pas la foule. La foule, c’est des zélés qui très souvent ne comprennent pas de quoi il est réellement question. Dieu donne le pouvoir, non en fonction de votre popularité, mais en fonction de votre capacité à mesurer et à maintenir l’équilibre entre les enjeux qui divergent au court et à long terme.
Ousmane Sonko gagnerait à être très prudent et flexible vis-à-vis de Diomaye Faye. C’est Faye qui a le pouvoir, et il a encore 4 ans pour peaufiner son jeu. Il maîtrise tout le fonctionnement du Pastef et sa ruse lui confère un autre grand avantage. Contrairement à ce qui paraît, Diomaye Faye est également un leader, mais il sait être opportun. Il est très discret et très imprévisible.
















